Éolien et solaire ont franchi le charbon dans le mix électrique américain

How the U.S. remade its power mix

Share of total U.S. net electricity generation, by source — 1990–2025

Sources: U.S. EIA Monthly Energy Review (T7.2a, T10.6) · solar incl. small-scale PV · wind+solar excl. hydro · 2025 preliminary Eco3min Research
Graphique en courbes du mix électrique américain, 1990-2025. La part du charbon recule d'environ 52 % à 16 %, le gaz naturel monte vers 40 %, et la part combinée éolien-solaire dépasse le charbon en 2024, puis reste devant en 2025.
Part de la génération électrique nette totale des États-Unis par source, 1990-2025. Le solaire inclut le photovoltaïque diffus de petite échelle estimé ; l’éolien+solaire exclut l’hydroélectricité ; 2025 préliminaire. Source : U.S. Energy Information Administration, Monthly Energy Review (tables 7.2a et 10.6). Calcul Eco3min.

En 2024, l’éolien et le solaire ont produit plus d’électricité que le charbon aux États-Unis, première année pleine jamais observée : 17,2 % contre 14,8 % de la génération nette. Données, sources et méthode.

La part d’une source dans le mix résulte de trois forces lentes — fermetures de centrales, coûts de fonctionnement relatifs, ajouts de capacité — qui déplacent rarement un système aussi vite que le réseau américain s’est déplacé depuis 2008.

En 2024, la part combinée de l’éolien et du solaire dans la génération électrique nette des États-Unis a dépassé celle du charbon pour la première année calendaire pleine jamais enregistrée. Selon la Monthly Energy Review de l’U.S. Energy Information Administration (EIA), l’éolien et le solaire ont ensemble fourni 17,2 % de la génération nette cette année-là — environ 756 térawattheures — contre 14,8 % pour le charbon, soit près de 652 térawattheures. L’écart a tenu en 2025, sur données préliminaires. Cette page documente ce croisement, le situe dans la trajectoire du mix sur 35 ans, et isole ce que la donnée établit et ce qu’elle n’établit pas. Point connexe : Le cadre sur les contraintes physiques des matières.

Les chiffres clés

Métrique : part de la génération électrique nette totale des États-Unis, tous secteurs, par source

Période : 1990-2025 (2025 préliminaire ; 2024 définitif)

Le croisement : en 2024, éolien+solaire à 17,2 % contre 14,8 % pour le charbon — première année pleine où éolien+solaire dépasse le charbon

Coal Price Australia
140.40 USD/metric ton
Dernière valeur · au 1 juillet 2026

2023, l’année d’avant : charbon 15,9 %, encore devant l’éolien+solaire à 15,5 %

Mix 2025 (préliminaire) : gaz naturel 40,2 % · éolien+solaire 18,9 % · nucléaire 17,4 % · charbon 16,3 %

Décomposition 2025 : éolien 10,3 % · solaire 8,6 % (utility-scale plus PV de petite échelle)

Trajectoire du charbon : 56,9 % à son pic de 1988 → 52 % en 1990 → 16,3 % en 2025

Rang du charbon en 2025 : quatrième, derrière le gaz, l’éolien+solaire et le nucléaire

Variation de part depuis 1990 : charbon −36 points · gaz naturel +28 points · éolien+solaire +19 points

Le graphique interactif ci-dessus peut basculer entre le mix complet à quatre sources, le seul croisement charbon-éolien+solaire, et la décomposition éolien contre solaire — utile pour voir laquelle des deux sources renouvelables fait le travail, et quand.

La transition se raconte d’ordinaire comme une bascule charbon-gaz

Le récit dominant de la transition électrique américaine est, à juste titre, une histoire de gaz naturel. C’est l’économie du combustible, et non la seule politique publique, qui a produit ce déplacement — arithmétique condensée dans le calcul du coût actualisé par mégawattheure. Le charbon fournissait 56,9 % de la génération nette américaine à son pic de 1988, et encore 52 % en 1990 ; en 2008, il en représentait toujours 48 %. L’effondrement des prix du gaz naturel américain après 2008, porté par le schiste, a rendu la production au gaz moins chère à exploiter qu’une grande partie du parc charbon existant, et le gaz a dépassé le charbon comme première source en 2016. Sur la même fenêtre, les politiques fédérales et fédérées, la baisse du coût des équipements et les incitations fiscales ont alimenté le déploiement des capacités éoliennes puis, plus tard, solaires.

Dans ce récit, les renouvelables jouent un second rôle : réelles, en croissance, mais non l’agent qui a déplacé le charbon. L’agent, c’était le gaz. La donnée appuie ce cadrage sur la question du déplacement — ce qui rend le croisement de 2024 facile à mal lire.

Le croisement empirique, en parts

Le jalon est précis et mesurable. En 2023, la part du charbon dans la génération nette (15,9 %) dépassait encore la part combinée éolien-solaire (15,5 %). En 2024, l’ordre s’est inversé : l’éolien+solaire a atteint 17,2 % et le charbon est tombé à 14,8 %. La série annuelle de l’EIA remontant à 1949, et le charbon ayant été la première source pendant la majeure partie du XXᵉ siècle, 2024 est la première année calendaire pleine où l’éolien et le solaire, pris ensemble, ont produit plus que le charbon à l’échelle nationale.

Le croisement reflète un mouvement des deux côtés. La part du charbon a reculé d’environ un point et demi entre 2023 et 2024 ; la part combinée éolien-solaire a progressé d’autant, surtout portée par le solaire, dont la part — petit photovoltaïque diffus inclus — est passée de 5,6 % en 2023 à 6,9 % en 2024, puis à 8,6 % en 2025 sur données préliminaires. En 2025, l’éolien+solaire (18,9 %) avait aussi devancé le nucléaire (17,4 %), laissant le charbon (16,3 %) en quatrième position derrière le gaz (40,2 %), l’éolien+solaire et le nucléaire.

🧭 Lecture eco3min

Le gaz naturel a déplacé plus de charbon américain que l’éolien et le solaire ; le croisement renouvelables-charbon de 2024 marque un déplacement du mix, non un changement de la source qui le domine.

Ce que le croisement n’établit pas

Trois réserves maintiennent le jalon à sa juste proportion. D’abord, le croisement mesure le mix, pas la domination. Le gaz naturel reste la première source de loin — environ 40 % de la génération, plus du double de la part éolien-solaire — et sur toute la fenêtre 1990-2025 le gaz a ajouté quelque 28 points de part face au recul de 36 points du charbon, tandis que l’éolien+solaire en ajoutait environ 19. Sur la question du déplacement, le gaz a fait davantage que les renouvelables.

Ensuite, la série n’est pas un déclin à sens unique. La part du charbon est remontée de 14,8 % en 2024 à 16,3 % en 2025 sur données préliminaires, alors que les prix du gaz se raffermissaient et que la génération américaine totale atteignait un record après une décennie quasi plate — en hausse de 2,8 % sur un an, selon l’EIA. Ce rebond est invisible si l’on décrit la trajectoire comme monotone : le croisement a tenu en 2025 parce que l’éolien et le solaire ont progressé plus vite, non parce que le charbon a continué de baisser.

Enfin, la part n’est pas le volume. La part d’une source peut monter alors que sa génération absolue stagne ou recule, parce que le dénominateur — la génération totale — bouge. La demande américaine repartant à la hausse, tirée par les centres de données et la charge industrielle (EIA), un déplacement des parts ne décrit pas à lui seul ce qui arrive à la production de chaque source en térawattheures. Le jeu de données téléchargeable rapporte les deux.

Le mix 2025, classé

Le tableau classe les quatre premières sources par part de la génération nette en 2025 (préliminaire), 1990 servant de contraste.

SourcePart 1990Part 2025 (prélim.)Rang 2025
Gaz naturel12,6 %40,2 %1
Éolien + solaire0,1 %18,9 %2
Nucléaire19,0 %17,4 %3
Charbon52,5 %16,3 %4

Source : U.S. Energy Information Administration, Monthly Energy Review (tables 7.2a et 10.6). Parts de la génération nette totale, tous secteurs. Le solaire inclut le photovoltaïque de petite échelle estimé. L’éolien+solaire exclut l’hydroélectricité. 2025 préliminaire. Calcul Eco3min. À relier à : le sous-pilier énergie et matières premières.

Erreur fréquente

Le croisement est souvent lu comme la preuve que le charbon est fini. Mais c’est un croisement de parts, et la part du charbon est remontée en 2025 (à 16,3 %, depuis 14,8 %) à mesure que les prix du gaz se raffermissaient et que la demande croissait. La lecture exacte est un déplacement structurel du mix, réversible d’une année sur l’autre, et non un effondrement à sens unique. Complément : notre étude sur la transmission macro des matières.

Ce qui confirmerait ou inverserait le croisement

Énoncées sans prescription, trois conditions observables pèsent sur la durabilité du croisement de 2024.

  • Condition d’inversion. Le croisement serait défait dans toute année calendaire pleine où la part du charbon dépasserait de nouveau la part combinée éolien-solaire. Cela ne s’est pas produit en 2025, où le charbon (16,3 %) est resté sous l’éolien+solaire (18,9 %) malgré son rebond partiel.
  • Signal de confirmation. La progression continue de la part solaire a élargi l’écart : le solaire est passé de 6,9 % de la génération en 2024 à 8,6 % en 2025, compensant largement le rebond du charbon la même année.
  • Échéance au calendrier. L’EIA finalise les données de génération de l’année 2025 fin 2026 ; son Short-Term Energy Outlook est mis à jour chaque mois entre-temps. Chaque publication peut faire bouger les parts 2025 préliminaires utilisées ici.

Méthodologie et sources

Métrique. Chaque chiffre est la part d’une source dans la génération électrique nette totale des États-Unis, tous secteurs, pour une année calendaire donnée. Les parts sont calculées à partir de la génération en unités physiques (kilowattheures), non de la capacité.

Données. La génération par source provient de la Monthly Energy Review de l’U.S. Energy Information Administration, table 7.2a (génération nette, tous secteurs). Le photovoltaïque solaire diffus de petite échelle, que la table 7.2a n’inclut pas, est ajouté depuis la table 10.6 et intégré à la fois au chiffre solaire et au dénominateur. Petit solaire inclus, la part combinée éolien-solaire est de 17,2 % en 2024 ; sur une base utility-scale seule, elle est d’environ 15,6 %. Dans les deux mesures, elle reste au-dessus du charbon — environ 15,1 % sur la même base utility-scale — de sorte que le croisement de 2024 ne dépend pas de l’estimation petite échelle ; cette estimation élargit l’écart et aligne le chiffre sur les 17 % mis en avant par l’EIA. La mesure incluante est retenue ici par cohérence avec ce cadrage.

Périmètre. « Éolien + solaire » combine l’éolien et tout le solaire ; il exclut l’hydroélectricité, rapportée séparément et globalement stable sur la période. « Gaz naturel » inclut un faible volume d’autres gaz rapportés conjointement par l’EIA. Le nucléaire et le charbon sont tels que rapportés.

Statut 2025. Les chiffres de l’année 2025 sont préliminaires et fondés sur les données EIA disponibles en mai 2026 ; l’EIA finalise les données annuelles de génération l’année suivante. Les chiffres 2024, sur lesquels repose le constat du croisement, sont définitifs.

Reproductibilité. La série annuelle complète — parts du charbon, du gaz naturel, du nucléaire, de l’éolien, du solaire et de l’éolien+solaire combiné, plus la génération du charbon et de l’éolien+solaire en térawattheures et la composante petit solaire — est disponible ci-dessous au format CSV. Les chiffres sont calculés en Python à partir des tables EIA citées.

Questions fréquentes

L’éolien et le solaire ont-ils vraiment produit plus d’électricité que le charbon aux États-Unis ?

En 2024, oui, pour la première année calendaire pleine jamais enregistrée : l’éolien et le solaire combinés ont fourni 17,2 % de la génération nette américaine contre 14,8 % pour le charbon, d’après la Monthly Energy Review de l’EIA. La part combinée est restée devant le charbon en 2025 sur données préliminaires (18,9 % contre 16,3 %).

Ce chiffre inclut-il le solaire sur toiture ?

Oui. Le chiffre de 17,2 % inclut le photovoltaïque diffus de petite échelle estimé (table 10.6 de l’EIA) en plus de l’éolien et du solaire utility-scale. Hors petit solaire, la part combinée 2024 est d’environ 15,6 %, toujours au-dessus des quelque 15,1 % du charbon sur la même base. L’estimation petite échelle élargit l’écart et aligne le chiffre sur les 17 % mis en avant par l’EIA, mais le croisement tient dans les deux cas.

La part du charbon a-t-elle baissé chaque année ?

Non. La part du charbon est passée de 56,9 % à son pic de 1988 à 16,3 % en 2025, mais pas de façon monotone. Elle est remontée de 14,8 % en 2024 à 16,3 % en 2025 à mesure que les prix du gaz se raffermissaient et que la demande électrique totale augmentait. Le croisement de 2024 a tenu en 2025 parce que l’éolien et le solaire ont progressé plus vite, non parce que le charbon a continué de décliner.

Quelle est aujourd’hui la première source d’électricité des États-Unis ?

Le gaz naturel, à environ 40 % de la génération nette en 2025 (préliminaire) — plus du double de la part combinée éolien-solaire. L’éolien+solaire arrive deuxième, le nucléaire troisième, et le charbon quatrième.

Télécharger le jeu de données

Parts annuelles de la génération américaine par source, 1990-2025, avec le charbon et l’éolien+solaire en térawattheures et la composante petit solaire, d’après l’EIA.

Télécharger le CSV

Source : eco3min.fr — U.S. EIA Monthly Energy Review (tables 7.2a, 10.6). Libre d’usage avec attribution.

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À retenir
  • 2024 est la première année pleine où l’éolien et le solaire combinés ont produit plus que le charbon dans le mix américain (17,2 % contre 14,8 %), et l’écart a tenu en 2025.
  • L’essentiel de la part perdue par le charbon sur 1990-2025 a été absorbé par le gaz naturel (+28 points) plutôt que par l’éolien et le solaire (+19 points).
  • La série est réversible d’une année sur l’autre : la part du charbon est remontée en 2025 alors même que le croisement tenait, et la demande en hausse fait qu’une variation de parts ne se traduit pas directement en production en térawattheures.

Conclusion

Le mix de génération américain est passé d’une source fournissant plus de la moitié de toute l’électricité en 1990 à une structure à quatre sources en 2025 : le gaz naturel à environ 40 %, puis l’éolien+solaire, le nucléaire et le charbon resserrés à quelque trois points les uns des autres, entre 16 % et 19 %. Le croisement éolien-solaire-charbon de 2024 est une vraie première, et sur données préliminaires il s’est élargi en 2025 — mais il s’inscrit dans un mix dont le bas du classement est désormais très resserré et dont le total recommence à croître.

Cette combinaison — un bas de classement resserré et une demande en hausse tirée par les centres de données et l’électrification — est ce qui fait des prochaines années un test mesurable plutôt qu’une tendance acquise : selon que le croisement s’élargit à mesure que les ajouts solaires se poursuivent, ou qu’il oscille au gré de la réaction du charbon aux prix du gaz et à la croissance de la charge. Le jeu de données est conçu pour être mis à jour à chaque publication de l’EIA.

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Mis à jour le 22 juillet 2026

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