Ce que les Français achètent vraiment : le panier de consommation, 1975–2022

Time machine · consommation des ménages en France, 1975–2022

Ce que les Français achètent vraiment : le panier de consommation, 1975–2022

Faites glisser la barre et regardez le panier français se déformer. L’habillement perd plus de la moitié de son poids, le logement en gagne, les communications montent puis redescendent. Chaque année franchie laisse une trace, si bien qu’un demi-siècle s’accumule sous vos yeux.

 
Premier poste
 
Plus fort écart depuis 1975
 
Alimentation + logement
 

 

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Comment lire ce graphique

Chaque ligne est un poste de la dépense de consommation des ménages, mesuré en part du total. La barre correspond à l’année affichée sur la barre de défilement. Les traits pâles derrière elle sont toutes les années déjà parcourues : après un passage complet, chaque ligne montre l’enveloppe entière occupée par ce poste depuis 1975. Le bandeau du haut est la même année vue comme un seul panier qui somme à 100 %. Le chiffre à gauche est le rang du poste cette année-là.

Une barre passe en rose quand l’année affichée est le point haut ou le point bas de toute la série pour ce poste.

Pourquoi la composition bouge

Deux forces agissent, en sens contraire. La première est le volume : à mesure que le revenu monte, les ménages achètent autre chose. La seconde est le prix : une part est une dépense, donc un poste dont le prix recule relativement aux autres peut perdre du poids alors même qu’on en consomme davantage. Les communications font exactement cela : 1,2 % en 1975, un sommet à 3,8 % en 2005, puis un reflux à 2,7 % en 2022, porté par la chute des prix des services télécoms.

L’habillement est le mouvement le plus fort de la série : 9,7 % en 1975, 3,7 % en 2020, soit six points perdus. L’alimentation passe de 19,6 % à 15,4 %, avec un creux à 14,5 % en 2007. Les restaurants et hôtels montent de 6,0 % à 9,4 %.

Inflation mesurée et inflation ressentie

L’écart entre le chiffre publié et le chiffre ressenti est souvent attribué aux pondérations. Elles y contribuent, mais par un mécanisme plus étroit que ce que suggère l’accusation, et ce mécanisme est vérifiable.

Une pondération est une moyenne sur tous les ménages. Un locataire en zone tendue et un propriétaire sans emprunt en zone détendue n’ont pas le même panier, et aucun des deux n’est la moyenne. Ensuite, les parts répondent aux prix : quand le prix relatif d’un service baisse, sa part se contracte et il pèse moins dans l’indice — la baisse était réelle, la pondération plus faible aussi, mais les deux faits paraissent contradictoires quand on les lit séparément. Enfin, une partie de la dépense des comptes nationaux ne passe pas par la caisse : les loyers imputés des propriétaires occupants représentent 7,3 % du total en 1975 et 14,0 % en 2022. D’où le commutateur de cette page : hors loyers imputés, le logement passé de 11,0 % en 1975 à 14,3 % en 2022 se lit sans cette imputation.

Ce que les données ne soutiennent pas, c’est l’idée d’une composition fabriquée pour écraser le chiffre publié. Les pondérations sont publiées chaque année, les séries de dépense sont ouvertes, et la déformation vue ici suit sur un demi-siècle la forme attendue quand le revenu monte : moins d’alimentation, moins d’habillement, plus de services. Le fichier ci-dessous permet de tout recalculer.

Ce que cette page montre, et ce qu’elle ne montre pas

Il s’agit de la structure de la dépense de consommation finale des ménages en comptabilité nationale — la matière première dont l’Insee tire les pondérations de l’indice des prix. Ce n’est pas le panier de l’IPC lui-même. Les pondérations de l’IPC en série exploitable commencent en 1998, sous trois bases successives (1998, 2015, 2025), et la base 2025 entrée en vigueur en janvier 2026 change de nomenclature : la division 08 devient information et communication, la division 12 se scinde. Une série de pondérations continue depuis 1975 n’existe pas.

La dernière année affichée est 2022 : c’est le dernier exercice pour lequel Eurostat publie le détail COICOP français. Les comptes nationaux annuels de l’Insee remontent à 1959 au niveau des divisions, mais les communications n’y sont pas isolables sur toute la période — le poste n’existait pratiquement pas. La santé retenue ici est le reste à charge des ménages, non la dépense totale de soins.

Télécharger les données (CSV)

Pour aller plus loin

Source : Eurostat, comptes nationaux annuels, dépense de consommation finale des ménages par fonction COICOP (nama_10_co3_p3), prix courants.
Page construite en août 2026. Séries extraites le 20 août 2026.

Mis à jour le 20 août 2026

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