Prime de taux des PME françaises : petits contre grands crédits depuis 2003

La prime de taux des PME est un indicateur composite Eco3min : le taux moyen des crédits nouveaux aux entreprises jusqu’à un million d’euros, moins le taux des crédits au-delà de ce seuil, mensuellement depuis janvier 2003. Elle mesure ce qu’un petit emprunteur français paie de plus qu’un grand pour le même acte d’emprunt. La prime ressort en moyenne à 0,55 point sur 280 mois, culmine à 1,86 point en janvier 2009, et a été négative 32 de ces mois — des périodes où les petites entreprises empruntaient moins cher que les grandes. Aucune institution ne publie cette série en natif.

Jeu de données: prime de taux des PME françaises (2003–2026) · Mis à jour le 2026-04-01

Dernière valeur
0.28%
01/04/2026
Percentile historique
35.7e
En dessous de la moyenne
Moyenne historique
0.55%
280 observations
Amplitude historique
HAUT
1.86%
01/01/2009
BAS
-0.39%
01/08/2024

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Chargement des données…

Source : Banque de France (MIR1) · composite Eco3min


Lecture macro

La prime se comporte comme la théorie du crédit le prédit aux extrêmes, et la contredit au milieu. Elle atteint son plus haut de série, 1,86 point, en janvier 2009, quand les bilans bancaires sont abîmés et que les petits emprunteurs absorbent le rationnement : c’est la signature manuelle du credit crunch. Elle se comprime jusqu’à près de zéro à partir de 2021 et touche son plus bas de série, −0,39 point, en août 2024.

Une prime inversée n’est pas évidemment une bonne nouvelle pour les petites entreprises. Elle peut signifier que la concurrence les a réellement atteintes, ou que les dossiers les plus risqués ont été refusés plutôt que tarifés — une série construite sur les crédits effectivement accordés ne peut pas trancher entre les deux. La prime s’établit à 0,28 point en avril 2026, environ la moitié de sa moyenne longue : raison pour laquelle les deux colonnes de composantes comptent autant que le composite.


Construction et composantes

Le composite isole le prix de la taille dans le crédit aux entreprises françaises. Il retire le niveau des taux du tableau et ne laisse que l’écart entre ce que paient les petits et les gros emprunteurs, ce qui rend visibles les épisodes de rationnement du crédit qu’aucune des deux composantes ne montre séparément.

Formule :

Prime de taux des PME = Taux des crédits nouveaux jusqu'à 1 M€ − Taux des crédits nouveaux au-delà de 1 M€

Composantes :

  • Crédits nouveaux aux entreprises jusqu’à 1 million d’euros — Banque de France, MIR1 — mensuel. Le proxy standard de l’emprunt des PME dans les statistiques de zone euro, la taille du crédit étant fortement corrélée à celle de l’entreprise.
  • Crédits nouveaux aux entreprises au-delà de 1 million d’euros — Banque de France, MIR1 — mensuel. Le segment des grandes entreprises et des ETI.

Réconciliation des fréquences : Les deux composantes sont nativement mensuelles et publiées ensemble. Le pipeline les aligne par une fusion as-of rétrospective au premier jour de chaque mois ; aucune interpolation n’est appliquée.

Couverture : De janvier 2003 à avril 2026, borné par le début de la série MIR sur les deux jambes.


Fiche du jeu de données

IndicateurPrime de taux des PME — composite Eco3min (2003–2026)
Zone géographiqueFrance
FréquenceMensuelle
PériodeJanvier 2003 – avril 2026 (280 observations)
Variablesdate, small_loan_rate, large_loan_rate, sme_premium
FormatsCSV, Excel (XLSX), JSON
SourcesBanque de France (Webstat, MIR1)
Dernière mise à jour2026-04-01

Variables du fichier

Les fichiers CSV, Excel et JSON contiennent les colonnes suivantes.

ColonneTypeDescription
dateDate (AAAA-MM-JJ)Premier jour du mois de référence
small_loan_rateFlottantTaux des crédits nouveaux aux entreprises jusqu’à 1 million d’euros, en pourcentage
large_loan_rateFlottantTaux des crédits nouveaux aux entreprises au-delà de 1 million d’euros, en pourcentage
sme_premiumFlottantTaux des petits crédits moins taux des grands crédits, en points de pourcentage

Les noms de colonnes correspondent exactement aux en-têtes du CSV.


Télécharger le jeu de données complet

La série complète de la prime de taux des PME, ses deux composantes incluses, est disponible aux formats CSV et Excel.

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Accès direct aux données

Aucune source amont ne publie cette différence. Les deux jambes se récupèrent séparément via l’API Webstat de la Banque de France, qui exige une inscription. Le jeu de données structuré Eco3min renvoie le composite et ses deux intrants sur une grille unique :

Accès CSV direct — jeu de données structuré Eco3min

https://eco3min.fr/dataset/fr/fr-sme-rate-premium.csv

Cette URL renvoie le jeu de données complet au format CSV, utilisable directement dans pandas, R, curl ou tout outil de traitement. Les formats JSON et XLSX sont disponibles au même chemin avec l’extension correspondante.


Utiliser les données en Python

import pandas as pd

url = "https://eco3min.fr/dataset/fr/fr-sme-rate-premium.csv"
df = pd.read_csv(url, parse_dates=["date"])

print(df.head())
print(df["sme_premium"].describe())

Utiliser les données en R

library(readr)

url <- "https://eco3min.fr/dataset/fr/fr-sme-rate-premium.csv"
df <- read_csv(url)

head(df)
summary(df$sme_premium)

Les deux exemples chargent le jeu de données directement depuis l’URL — sans téléchargement ni clé d’API.


Méthodologie

Le composite est recalculé quotidiennement par un pipeline Eco3min qui récupère les deux composantes, les aligne sur la grille mensuelle et prend la différence. Toutes deux sont nativement mensuelles : aucune observation n’est synthétisée.

Le seuil d’un million d’euros est la coupure de déclaration de la Banque de France elle-même, pas un choix Eco3min, et il n’a pas bougé sur la période. Cette stabilité est ce qui rend la série comparable sur vingt-trois ans, mais elle signifie aussi que le seuil s’est érodé en termes réels : un million d’euros achetait considérablement plus en 2003 qu’en 2026, et la composition de chaque tranche a donc dérivé.


Qualité des données et notes de fourniture

La latence suit la publication MIR de la Banque de France, environ cinq à six semaines après la fin du mois.

Les révisions se propagent : lorsque la Banque de France révise une observation MIR passée, les mois correspondants du composite sont réécrits à l’exécution Eco3min suivante.

Aucune alternative native n’existe. La Banque de France publie les deux jambes mais pas leur différence, et aucun fournisseur commercial ne la propose en série prête à l’emploi — c’est l’intérêt du composite, et aussi la raison pour laquelle aucune référence externe ne permet de le valider.


Ce que l’indicateur capture (et ce qu’il ne capture pas)

Le composite est un indicateur structurel de l’écart de tarification entre petits et grands emprunteurs. Ce n’est ni une mesure de disponibilité du crédit, ni un outil de market timing.

Ce qu’il capture :

  • Les épisodes où les petits emprunteurs ont payé nettement plus cher que les grands, signature classique d’un resserrement du crédit
  • La compression de cet écart sous les taux directeurs négatifs, et les périodes où il s’est entièrement inversé
  • La différence entre un cycle de taux qui a frappé tous les emprunteurs également et un cycle qui les a frappés différemment, en lisant les deux colonnes de composantes à côté de la prime

Ce qu’il ne capture PAS (contresens fréquents) :

  • La taille de l’entreprise. Le montant du crédit est un proxy, pas une mesure. Une grande entreprise empruntant 800 000 euros tombe dans la tranche basse, et une PME en croissance empruntant 1,2 million dans la tranche haute. Le composite tarife la taille du crédit, pas celle de la société.
  • La disponibilité du crédit. Une prime resserrée ne signifie pas que les petites entreprises obtiennent du crédit. Les refus n’apparaissent pas dans une série construite sur les crédits effectivement accordés, et les périodes de rationnement le plus fort peuvent afficher un écart faible simplement parce que les dossiers les plus risqués ont été écartés au lieu d’être tarifés.
  • Le coût complet. Les taux MIR excluent les frais de dossier, le coût des garanties et la tarification des covenants, qui pèsent tous davantage sur les petits emprunteurs. L’écart réel est plus large que ce que montre cette série.
  • Les garanties publiques. Le dispositif de prêts garantis par l’État de 2020–2021 a déformé les deux jambes, comprimant la prime pour des raisons étrangères à la tarification de marché.

La série sert surtout à dater et caractériser les épisodes où le coût du crédit a divergé selon la taille de l’emprunteur, lue à côté de ses deux colonnes de composantes.


Régimes historiques

  • 2003–2007 — un écart faible et stable. La prime démarre à 0,24 point et reste sous le demi-point la plupart du temps. Le crédit bancaire est abondant et la taille pèse peu sur la tarification.
  • 2008–2009 — le credit crunch. La prime atteint 1,86 point en janvier 2009, plus haut de la série. Les bilans bancaires abîmés se traduisent directement en pénalité de taille.
  • 2010–2014 — un écart large et persistant. Encore 1,146 point en janvier 2012, au plus fort de la crise souveraine. La prime reste au-dessus d’un point bien plus longtemps que la crise elle-même.
  • 2015–2019 — la compression. Jusqu’à 0,63 point en janvier 2016, puis plus bas, à mesure que les taux directeurs négatifs et les achats d’actifs poussent les banques à prêter sur tout le spectre de taille.
  • 2020–2024 — l’inversion. La prime tombe à 0,026 point en janvier 2021, devient négative en 2023, et touche son plus bas de série à −0,39 point en août 2024. Les garanties publiques puis la concurrence sur la relation avec les petites entreprises y contribuent l’une et l’autre.
  • 2025–2026 — normalisation partielle. Retour à 0,28 point en avril 2026, toujours autour de la moitié de la moyenne longue de 0,55.

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Sources

  • Banque de France — Webstat, jeu de données MIR1, crédits nouveaux aux sociétés non financières, coupure à 1 million d’euros. Licence Ouverte / Open Licence 2.0 (Etalab).
  • Composite calculé par Eco3min à partir des deux séries ci-dessus.

Référence du jeu de données

Mis à jour le 21 août 2026

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