Spread bancaire français : taux du crédit immobilier moins OAT 10 ans depuis 2014

Le spread bancaire français est un indicateur composite Eco3min : le taux moyen des crédits nouveaux à l’habitat à taux fixe aux particuliers, moins le rendement de l’OAT française à 10 ans. Il mesure l’écart entre ce que les banques françaises facturent aux emprunteurs et la référence souveraine qui ancre leur coût de ressources, mensuellement depuis décembre 2014. Aucune institution ne publie cette série en natif — elle existe ici parce que les deux composantes sont combinées par un calcul Eco3min. Le spread bancaire français a été négatif 31 mois sur 137, en deux épisodes distincts.

Jeu de données: spread bancaire français (2014–2026) · Mis à jour le 2026-04-01

Dernière valeur
-0.64%
01/04/2026
Percentile historique
2.9e
Historiquement bas
Moyenne historique
0.70%
137 observations
Amplitude historique
HAUT
1.95%
01/02/2015
BAS
-0.99%
01/10/2022

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Chargement des données…

Source : Banque de France (MIR1) et BCE (IRS) · composite Eco3min


Lecture macro

Un spread négatif signifie que les banques françaises prêtent à vingt ans en dessous du rendement que l’État français paie à dix ans. Ce n’est pas un modèle d’affaires durable, et la série montre que ce n’est pas non plus un état permanent : le spread ressort en moyenne à 0,70 % sur la période, s’étend de 1,95 % en février 2015 à −0,99 % en octobre 2022, et passe environ un quart de ses mois sous zéro.

Les deux épisodes négatifs ont des causes différentes, et c’est précisément l’intérêt de la série. En 2022, la compression est réglementaire et mécanique : le taux d’usure, recalculé trimestriellement, suit mal la flambée du coût des ressources et les banques ne peuvent pas repricer assez vite — la Banque de France passe à un recalcul mensuel en février 2023 et le spread revient à 0,96 % en décembre 2023. L’épisode de 2026 est d’une autre nature : le spread est à −0,64 % en avril 2026 parce que l’OAT 10 ans est montée à 3,68 % sur fond de risque budgétaire et politique français, alors que les taux des crédits sont restés autour de 3,09 %. C’est le risque souverain qui a bougé ; le prix de détail du crédit n’a pas suivi.


Construction et composantes

Le composite isole ce que le prix de détail du crédit ajoute ou retranche à la référence souveraine. Il retire le niveau des taux du tableau et ne laisse que l’écart, ce qui rend visibles les épisodes de compression de marge qu’aucune des deux composantes ne montre séparément.

Formule :

Spread bancaire = Taux des crédits immobiliers nouveaux à taux fixe − Rendement de l'OAT 10 ans

Composantes :

  • Taux des crédits nouveaux à l’habitat à taux fixe — Banque de France, jeu de données MIR1 — mensuel. Le taux effectif portant sur le crédit lui-même, hors assurance emprunteur et frais. Fixe le versant détail du spread.
  • Rendement souverain français à 10 ans — BCE, jeu de données IRS, taux d’intérêt à long terme aux fins de convergence — mensuel. La référence contre laquelle se price le crédit long en euro. Fixe le versant référence du spread.

Réconciliation des fréquences : Les deux composantes sont nativement mensuelles. Le pipeline les aligne par une fusion as-of rétrospective au premier jour de chaque mois ; aucune interpolation n’est appliquée et aucune observation n’est synthétisée. Le composite démarre en décembre 2014, premier mois de la série MIR.

Couverture : De décembre 2014 à avril 2026, borné par le début de la série MIR de la Banque de France côté détail, et non par la série souveraine, qui remonte à 1986.


Fiche du jeu de données

IndicateurSpread bancaire français — composite Eco3min (2014–2026)
Zone géographiqueFrance
FréquenceMensuelle
PériodeDécembre 2014 – avril 2026 (137 observations)
Variablesdate, mortgage_rate, oat_10y_yield, bank_spread
FormatsCSV, Excel (XLSX), JSON
SourcesBanque de France (Webstat, MIR1) et BCE (Data Portal, IRS)
Dernière mise à jour2026-04-01

Variables du fichier

Les fichiers CSV, Excel et JSON contiennent les colonnes suivantes.

ColonneTypeDescription
dateDate (AAAA-MM-JJ)Premier jour du mois de référence
mortgage_rateFlottantTaux moyen des crédits nouveaux à l’habitat à taux fixe aux particuliers, en pourcentage
oat_10y_yieldFlottantTaux d’intérêt à long terme français aux fins de convergence, 10 ans, en pourcentage
bank_spreadFlottantTaux des crédits immobiliers moins rendement de l’OAT 10 ans, en points de pourcentage

Les noms de colonnes correspondent exactement aux en-têtes du CSV.


Télécharger le jeu de données complet

La série complète du spread bancaire français, ses deux composantes incluses, est disponible aux formats CSV et Excel.

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Accès direct aux données

Aucune source amont ne publie ce composite. Les deux composantes se récupèrent séparément via l’API Webstat de la Banque de France (inscription requise) et le Data Portal de la BCE. Le jeu de données structuré Eco3min renvoie le composite et ses deux intrants alignés sur une grille unique :

Accès CSV direct — jeu de données structuré Eco3min

https://eco3min.fr/dataset/fr/fr-bank-mortgage-spread.csv

Cette URL renvoie le jeu de données complet au format CSV, utilisable directement dans pandas, R, curl ou tout outil de traitement. Les formats JSON et XLSX sont disponibles au même chemin avec l’extension correspondante.


Utiliser les données en Python

import pandas as pd

url = "https://eco3min.fr/dataset/fr/fr-bank-mortgage-spread.csv"
df = pd.read_csv(url, parse_dates=["date"])

print(df.head())
print(df["bank_spread"].describe())

Utiliser les données en R

library(readr)

url <- "https://eco3min.fr/dataset/fr/fr-bank-mortgage-spread.csv"
df <- read_csv(url)

head(df)
summary(df$bank_spread)

Les deux exemples chargent le jeu de données directement depuis l’URL — sans téléchargement ni clé d’API.


Méthodologie

Le composite est recalculé quotidiennement par un pipeline Eco3min qui récupère les deux composantes, les aligne sur la grille mensuelle par une fusion as-of rétrospective, puis prend la différence. Les deux intrants sont déjà mensuels : aucune interpolation n’est appliquée et aucune observation n’est synthétisée.

La latence est dictée par la composante la plus lente. La BCE publie le taux long français quelques semaines après la fin du mois, tandis que la Banque de France publie le taux MIR avec environ cinq à six semaines de décalage ; le composite ne peut donc jamais être plus frais que la publication MIR. Lorsqu’une composante est révisée en amont, les mois concernés du composite sont réécrits à l’exécution suivante plutôt que corrigés ponctuellement.


Qualité des données et notes de fourniture

La latence est dictée par la publication MIR de la Banque de France, environ cinq à six semaines après la fin du mois. La composante BCE est disponible plus tôt : le composite attend donc toujours le versant détail.

Les révisions se propagent. Lorsque la Banque de France révise une observation MIR passée, ou que la BCE révise le taux long, les mois correspondants du composite changent à l’exécution Eco3min suivante. Le CSV complet est réécrit à chaque fois plutôt qu’incrémenté : un fichier téléchargé est un instantané, pas un enregistrement définitif.

Aucune alternative native n’existe. Ni la Banque de France ni la BCE ne publie cette différence sous forme de série, et aucun fournisseur commercial ne la propose en instrument prêt à l’emploi. C’est tout l’intérêt du composite — et aussi la raison pour laquelle aucune référence externe ne permet de le valider.


Ce que l’indicateur capture (et ce qu’il ne capture pas)

Le composite est un indicateur structurel de l’écart de tarification entre le crédit immobilier de détail et la référence souveraine. Ce n’est ni une mesure de rentabilité bancaire, ni un outil de market timing.

Ce qu’il capture :

  • Les épisodes où le prix de détail du crédit n’a pas suivi un mouvement des rendements souverains, dans un sens comme dans l’autre
  • L’effet réglementaire du taux d’usure, lisible dans la compression de 2022 et son retournement en 2023
  • La différence entre une compression d’origine réglementaire et une compression d’origine souveraine, en lisant les deux colonnes de composantes à côté du spread

Ce qu’il ne capture PAS (contresens fréquents) :

  • La marge bancaire. Un crédit à taux fixe sur vingt ans ne se refinance pas au taux souverain dix ans. Les banques se financent par les dépôts, les obligations sécurisées et les swaps sur un éventail de maturités, et couvrent la duration. Le spread est un écart de tarification contre une référence, pas une mesure de compte de résultat.
  • Le coût complet pour l’emprunteur. Le taux MIR exclut l’assurance emprunteur, les frais de dossier et le coût de la garantie. L’écart entre ce taux et le TAEG réellement signé est significatif et varie selon le profil.
  • La disponibilité du crédit. Un spread large ne signifie pas que le crédit coule, et un spread négatif ne signifie pas qu’il s’est arrêté. Les volumes dépendent des conditions d’octroi, du taux d’usure et de la solvabilité des ménages, dont aucun n’apparaît dans cette série.
  • Une comparaison à maturité égale. Les crédits immobiliers français courent sur une vingtaine d’années quand la référence est une obligation à dix ans. Retenir une maturité souveraine plus longue déplacerait le niveau du spread, mais pas la datation de ses points de retournement.

La série sert surtout à dater et caractériser les épisodes de dislocation tarifaire entre crédit de détail et rendements souverains, lue à côté de ses deux colonnes de composantes.


Régimes historiques

  • 2014–2016 — les années de marge large. Le spread culmine à 1,95 % en février 2015, plus haut de la série. Les rendements souverains s’effondrent sous les achats d’actifs de la BCE plus vite que les banques ne repricent le crédit de détail, et l’écart entre les deux s’élargit à près de deux points.
  • 2016–2021 — la compression concurrentielle. Le spread se resserre à 0,89 % en novembre 2016 et se tient entre 0,8 % et 1,1 % pendant cinq ans. En France, le crédit immobilier est un produit d’acquisition de clientèle plus qu’un centre de profit, et la compression traduit la concurrence pour cette relation.
  • 2022 — l’étau de l’usure. Le spread tombe à −0,99 % en octobre 2022, point bas de la série. Le coût des ressources monte plus vite que le taux d’usure trimestriel ne permet aux banques de repricer ; les volumes de production chutent en conséquence.
  • 2023–2024 — le rattrapage. Le recalcul mensuel du taux d’usure à partir de février 2023 permet aux banques de reconstituer de la marge : le spread revient à 0,96 % en décembre 2023, puis retombe à 0,10 % en décembre 2024 quand les rendements souverains remontent sur fond d’inquiétudes budgétaires françaises.
  • 2025–2026 — à nouveau négatif, pour une autre raison. Le spread s’établit à −0,64 % en avril 2026, avec une OAT à 3,68 % et des taux de crédit à 3,09 %. Cette fois, la compression vient du côté souverain et non d’un plafond réglementaire.

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Sources

  • Banque de France — Webstat, jeu de données MIR1, crédits nouveaux à l’habitat à taux fixe aux particuliers. Licence Ouverte / Open Licence 2.0 (Etalab).
  • Banque centrale européenne — Data Portal, jeu de données IRS, taux d’intérêt à long terme aux fins de convergence, France, 10 ans.
  • Composite calculé par Eco3min à partir des deux séries ci-dessus.

Référence du jeu de données

Mis à jour le 4 août 2026

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