Taux du Livret A : dates de révision et formule de calcul

Le taux du Livret A est fixé par une formule publique, calculée par la Banque de France et arrêtée par le ministre chargé de l’économie. La formule est écrite noir sur blanc dans un arrêté ; les deux dates que tout le monde cite, le 1er février et le 1er août, ne le sont pas. Le texte fixe des dates de calcul, une règle d’entrée en vigueur qui dépend de la date de publication au Journal officiel, et deux fenêtres de révision supplémentaires que le calendrier grand public ignore. Cette page donne le taux en vigueur, la formule terme par terme, le calendrier réel tel qu’il est rédigé, et l’historique des fixations depuis 2020.
Taux en vigueur
1,7 %
Période d'application : 1er août 2026 – 31 janvier 2027
dans 164 jours
Taux net d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
La formule, terme par terme
L’arrêté du 27 janvier 2021 relatif aux taux d’intérêt des produits d’épargne réglementée est le texte de référence. Son article 1er, I, 1°, retient le plus élevé de deux chiffres : d’une part la moyenne arithmétique entre la moyenne semestrielle du taux à court terme en euros (€STR) et l’inflation française mesurée par la moyenne semestrielle de la variation sur douze mois de l’indice INSEE des prix à la consommation hors tabac, ensemble des ménages, série 001763852 ; d’autre part un plancher de 0,5 %. Le résultat est arrondi au dixième de point le plus proche, ou à défaut au dixième de point supérieur. Les données mobilisées sont celles du dernier mois connu.
Deux précisions comptent. Le terme d’inflation n’est pas l’inflation du mois de calcul : c’est une moyenne de six glissements annuels successifs, ce qui lisse fortement les à-coups et explique le décalage entre l’inflation ressentie et le taux affiché. Et le texte prévoit que l’écart entre deux fixations successives est limité « de manière transitoire » à 0,5 point, jusqu’à ce que deux calculs successifs présentent un écart inférieur à ce seuil ; l’arrêté énonce une condition d’extinction, pas une date, et ne permet donc pas de dire depuis un texte si ce plafonnement joue encore.
Le calcul de juillet 2026 illustre la mécanique. Dans son communiqué du 15 juillet 2026, la Banque de France indique une moyenne semestrielle de l’IPC hors tabac en glissement annuel de 1,52 % et un €STR moyen de 1,95 % sur janvier-juin 2026. La moyenne arithmétique des deux ressort à 1,735 %, arrondie à 1,7 %, au-dessus du plancher de 0,5 %. L’arrêté du 28 juillet 2026 a retenu ce chiffre pour la période du 1er août 2026 au 31 janvier 2027.
Le calendrier réel : ce que l’arrêté écrit, et ce qu’il n’écrit pas
Aucune ligne du texte ne mentionne le 1er février ni le 1er août. Ce que l’article 1er, II, 1°, prévoit est une chaîne : la Banque de France calcule les taux les 15 janvier et 15 juillet de chaque année, transmet le résultat au directeur général du Trésor dans les quatre jours ouvrés, et si le calcul conduit à modifier les taux, les nouveaux taux sont publiés au Journal officiel. Suit la règle décisive : ils sont applicables à compter du 16 du mois de leur publication, ou, si la publication intervient entre le 16 et la fin du mois, du premier jour du mois suivant.
Les deux dates canoniques sont donc une sortie de la règle, pas une entrée. Un calcul du 15 janvier transmis sous quatre jours ouvrés est publié dans la seconde moitié de janvier, ce qui déclenche l’application au 1er février. Même chaîne en juillet, d’où le 1er août. Le calendrier tient tant que la publication reste dans la seconde quinzaine ; une publication antérieure au 16 déclencherait l’application dès le 16 du même mois.
Deuxième point que le calendrier grand public omet : l’article 1er, II, 3°, ouvre deux rendez-vous supplémentaires. Aux 15 avril et 15 octobre, si la Banque de France estime que la variation de l’inflation ou des marchés monétaires le justifie, le gouverneur peut proposer au ministre de réviser les taux au 1er mai ou au 1er novembre. Le dispositif comporte ainsi quatre points de contrôle par an, deux systématiques et deux conditionnels.
Troisième point : la formule ne décide pas. L’article 1er, II, 2°, permet à la Banque de France de constater que des circonstances exceptionnelles justifient une dérogation, ou que le taux issu du calcul ne préserve pas globalement le pouvoir d’achat des épargnants ; dans ce cas les taux sont maintenus et le ministre examine l’opportunité de les modifier. Janvier 2026 en donne un exemple daté : le communiqué de la Banque de France du 15 janvier 2026 chiffre le résultat de la formule à 1,4 %, tandis que l’arrêté du 28 janvier 2026 fixe le taux à 1,50 % pour le semestre suivant. En juillet 2026 à l’inverse, le chiffre de la formule et le chiffre retenu coïncident.
| À compter du | Jusqu'au | Taux | Texte au Journal officiel |
|---|---|---|---|
| 1er février 2020 | 31 janvier 2022 | 0,5 % | Avis du 30 janvier 2020 |
| 1er février 2022 | 31 juillet 2022 | 1,0 % | Arrêté du 27 janvier 2022 |
| 1er août 2022 | 31 janvier 2023 | 2,0 % | Avis du 22 juillet 2022 |
| 1er février 2023 | 31 juillet 2023 | 3,0 % | Arrêté du 27 janvier 2023 |
| 1er août 2023 | 31 janvier 2025 | 3,0 % | Arrêté du 28 juillet 2023 |
| 1er février 2025 | 31 juillet 2025 | 2,4 % | Arrêté du 28 janvier 2025 |
| 1er août 2025 | 31 janvier 2026 | 1,7 % | Arrêté du 23 juillet 2025 |
| 1er février 2026 | 31 juillet 2026 | 1,5 % | Arrêté du 28 janvier 2026 |
| 1er août 2026 | 31 janvier 2027 | 1,7 % | Arrêté du 28 juillet 2026 |
Ce que la révision change, et ce qu’elle ne change pas
Le nouveau taux s’applique de plein droit à tous les livrets à compter de sa date d’entrée en vigueur, sans démarche du titulaire et sans distinction selon la date d’ouverture : il n’existe pas de taux figé à la souscription. La mécanique de calcul des intérêts relève d’un autre texte, l’article R. 221-4 du code monétaire et financier : l’intérêt part du 1er ou du 16 de chaque mois suivant le versement, cesse de courir à la fin de la quinzaine qui précède le remboursement, et l’intérêt acquis s’ajoute au capital au 31 décembre de chaque année. Le plafond de dépôt, fixé par l’article R. 221-2, s’élève à 22 950 euros pour les personnes physiques, la capitalisation des intérêts pouvant porter le solde au-delà.
Le même arrêté du 27 janvier 2021 organise les produits voisins selon des formules distinctes : le livret de développement durable et solidaire suit le taux du Livret A, le livret d’épargne populaire retient le plus élevé du taux du Livret A majoré d’un demi-point et de l’inflation, et le compte épargne logement vaut les deux tiers du taux du Livret A arrondi au quart de point. Ils partagent donc le calendrier de révision sans partager le résultat. Pour le contexte de taux directeurs qui alimente le terme €STR de la formule, voir notre pilier politique monétaire et taux et le suivi des décisions de banques centrales ; les séries mobilisées ici sont recensées dans nos données et analyses macro-financières.
Questions fréquentes
Quand le taux du Livret A change-t-il ?
Deux fixations sont systématiques chaque année, calculées les 15 janvier et 15 juillet et appliquées, compte tenu de la règle de publication, au 1er février et au 1er août. Deux fenêtres conditionnelles s’y ajoutent, examinées les 15 avril et 15 octobre pour une application possible au 1er mai ou au 1er novembre. Le bloc en haut de page affiche la période en cours et la prochaine échéance ordinaire. D’autres séries officielles obéissent au même type d’échéancier, rassemblées dans l’annuaire des dates de révision des taux réglementés.
La date du 1er février figure-t-elle dans un texte ?
Non. L’arrêté du 27 janvier 2021 ne nomme ni le 1er février ni le 1er août. Il fixe des dates de calcul, les 15 janvier et 15 juillet, et une règle d’entrée en vigueur indexée sur la date de publication au Journal officiel : application au 16 du mois de publication, ou au premier jour du mois suivant si la publication tombe entre le 16 et la fin du mois. Les deux dates usuelles résultent de l’enchaînement de ces règles.
Le taux peut-il changer en dehors de février et d’août ?
Le texte le prévoit. L’article 1er, II, 3°, permet au gouverneur de la Banque de France, aux 15 avril et 15 octobre, de proposer une révision au 1er mai ou au 1er novembre lorsqu’il estime que la variation de l’inflation ou des marchés monétaires le justifie. Il s’agit d’une faculté conditionnelle, pas d’un rendez-vous automatique.
Pourquoi le taux retenu diffère-t-il parfois du résultat de la formule ?
Parce que l’arrêté organise lui-même l’écart. L’article 1er, II, 2°, vise les circonstances exceptionnelles et le cas où le taux calculé ne préserverait pas globalement le pouvoir d’achat des épargnants ; les taux sont alors maintenus et le ministre chargé de l’économie examine l’opportunité de les modifier. Sur la fixation de janvier 2026, la Banque de France a publié un résultat de formule de 1,4 % et l’arrêté a retenu 1,50 %.
À partir de quelle date un versement produit-il des intérêts ?
L’article R. 221-4 du code monétaire et financier fait partir l’intérêt du 1er ou du 16 de chaque mois suivant le jour du versement, et cesser de courir à la fin de la quinzaine précédant le remboursement. Le calcul se fait donc par quinzaines entières, indépendamment du calendrier de révision du taux. Les intérêts acquis s’ajoutent au capital au 31 décembre.
Le LDDS, le LEP et le CEL suivent-ils le même calendrier ?
Ils relèvent du même article et donc des mêmes dates de calcul, mais de formules différentes. Le livret de développement durable et solidaire est aligné sur le taux du Livret A ; le livret d’épargne populaire retient le plus élevé entre le taux du Livret A majoré d’un demi-point et l’inflation ; le compte épargne logement vaut les deux tiers du taux du Livret A, arrondi au quart de point. Un même arrêté peut donc faire bouger l’un sans bouger l’autre.
Mis à jour le 12 août 2026
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