Inflation en France : le chiffre du mois, sa ventilation, ce qu’il change

L’indice des prix à la consommation de l’INSEE sort deux fois par mois, à 8h45 : une estimation provisoire en fin de mois, un chiffre définitif vers le 15 du mois suivant. Le glissement annuel qu’il publie solde douze mois de prix, pas le seul mois annoncé.
Cette page tient le dernier chiffre publié et son statut, la prochaine publication, la part de chaque poste dans l’inflation du mois, la sous-jacente, l’indice harmonisé, les douze derniers mois, et ce que le chiffre déclenche ailleurs.
En août 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an en France, selon l’INSEE (résultats définitifs) ; l’inflation sous-jacente s’établit à 1,1 %.
- L’énergie contribue pour +1,3 pt au glissement annuel, soit 54 % du chiffre total, alors qu’elle pèse 7,6 % du panier de l’INSEE en 2026 ; les services, 52,0 % du panier, contribuent pour +1,0 pt.
- L’indice harmonisé (IPCH), celui que compare Eurostat, ressort à 2,6 % : l’écart avec l’IPC national tient au champ et au traitement des loyers et de l’assurance, pas à une différence de mois.
- Prochaine publication de l’INSEE : le 30 septembre 2026 à 8h45, résultats provisoires pour septembre 2026. Le compte à rebours et le dernier chiffre ci-dessous se mettent à jour à chaque communiqué.
Inflation France — IPC
Prochaine publication de l'inflation française (INSEE)
Mercredi 30 septembre 2026
Publication mercredi 30 septembre à 8h45 (heure de Paris)
Septembre 2026 — résultats provisoires
Source : Insee, Informations rapides n° 218 du 15 septembre 2026 (prochaines publications annoncées dans chaque communiqué). Publication à 8h45, heure de Paris ; l'IPC et l'IPCH sortent dans le même communiqué, en résultats provisoires en fin de mois puis définitifs vers le 15 du mois suivant.
Dernier chiffre publié
Prix à la consommation en août 2026, résultats définitifs (Insee, 15 septembre 2026)
Prochaine publication : le 30 septembre 2026 à 8h45, résultats provisoires pour septembre 2026.
Source : Insee, base 2025, séries BDM 011814632, 011814631, 011814145, 011812232, lues sur bdm.insee.fr ; dernière mise à jour Insee le 15 septembre 2026. Glissement annuel et variation mensuelle sur l'indice brut ; sous-jacente corrigée des variations saisonnières et des mesures fiscales, France métropolitaine.
Ce que le chiffre du mois contient
Un glissement annuel de 2,4 % est une moyenne de mouvements de prix qui n’ont rien à voir entre eux. L’INSEE le décompose en cinq grands postes, chacun pesant selon la structure de consommation des ménages de l’année : les services représentent 52,0 % du panier en 2026, les produits manufacturés 23,9 %, l’alimentation 14,9 %, l’énergie 7,6 % et le tabac 1,7 %. La contribution d’un poste est le produit de son poids par sa propre hausse de prix : un poste léger qui flambe peut peser autant qu’un poste lourd qui bouge à peine.
En août 2026, l’énergie affiche +16,7 % sur un an et apporte +1,3 pt au total ; les services, +1,9 % pour +1,0 pt ; l’alimentation, +1,1 % pour +0,2 pt ; les produits manufacturés, −0,4 % pour −0,1 pt. Le tableau ci-dessous donne, pour chaque poste, le poids, la variation sur un an, celle du mois précédent et la contribution, telles que l’INSEE les publie (séries de contribution au glissement annuel, base 2025).
Ventilation par poste
Ce que contient le 2,4 % en août 2026 : poids, hausse sur un an et contribution de chaque poste
| Poste | Poids | Sur un an | Mois préc. | Contribution |
|---|---|---|---|---|
| Énergie | 7,6 % | +16,7 % | +12,6 % | +1,3 pt |
| Alimentation | 14,9 % | +1,1 % | +1,0 % | +0,2 pt |
| Produits manufacturés | 23,9 % | −0,4 % | −0,7 % | −0,1 pt |
| Services | 52,0 % | +1,9 % | +2,2 % | +1,0 pt |
| Tabac | 1,7 % | +3,3 % | +3,3 % | +0,1 pt |
| Ensemble | 100 % | 2,4 % | 2,1 % | +2,4 pt |
Source : Insee, pondérations 2026 de l'IPC (base 2025) et séries de contribution au glissement annuel, mises à jour le 15 septembre 2026. La somme des contributions arrondies peut différer du total de 0,1 point.
Ce découpage est aussi celui qui sépare l’inflation « importée » de l’inflation « domestique ». Le prix de l’énergie se forme sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz et se transmet en quelques semaines à la pompe et aux factures ; les prix des services suivent les salaires et les loyers, avec un délai qui se compte en trimestres. Cinquante ans de panier de consommation des ménages français montrent d’ailleurs que le poids de l’énergie n’a cessé de reculer dans le budget, ce qui n’empêche pas ses à-coups de dominer le chiffre mensuel quand le baril bouge de 30 %.
Énergie ou sous-jacente : d’où vient l’inflation du mois
La lecture qui compte n’est pas le niveau du glissement annuel mais sa composition. L’inflation sous-jacente exclut les prix volatils (énergie, produits frais) et les prix administrés ou soumis à intervention de l’État (tabac, certains tarifs), et corrige des mesures fiscales : c’est la partie du chiffre qui reflète la formation des prix par les entreprises et les salaires. Quand l’écart entre le total et la sous-jacente est large, le chiffre du mois raconte un choc de matières premières ; quand il est faible, il raconte une dynamique interne. La différence entre inflation sous-jacente et inflation globale est traitée à part.
Lecture du mois
En août 2026, l'inflation totale de 2,4 % doit +1,3 pt, soit 54 % du chiffre, à l'énergie seule ; la sous-jacente reste à 1,1 %. C'est un profil de choc externe : le niveau total avait été atteint pour la dernière fois en mai 2026, et le pic de ce cycle reste 6,3 % en février 2023.
Lecture descriptive Eco3min sur les séries Insee ci-dessus ; les seuils (part de l'énergie au-dessus de 45 % du total, écart total moins sous-jacente inférieur à 0,3 point) sont ceux de cette page, pas ceux de l'Insee.
Le régime macro-financier affiché ci-dessous est celui du classifieur Eco3min : un cadre global, construit sur les indicateurs américains de croissance, d’inflation et de conditions financières, qui situe le cycle mondial dans lequel l’économie française évolue. Il ne remplace pas la lecture française du paragraphe précédent, il la replace : une inflation énergétique en France pendant un régime de transition mondial n’a pas le même sens qu’une inflation de services pendant une surchauffe.
Ce que ce régime implique pour les taux, les actifs et les bilans est le sujet du guide des mécanismes de l’inflation et de ses effets, et la grille des régimes d’inflation et de leur cadre macroéconomique replace le chiffre du mois dans une lecture par cycles.
Les vingt-quatre derniers mois en une image
La figure empile, mois par mois, la contribution de chaque poste au glissement annuel, et superpose la courbe de l’inflation totale et celle de la sous-jacente. Elle rend visible ce que le seul chiffre efface : les mois où l’énergie tirait le total vers le bas, ceux où elle le tire vers le haut, et la stabilité relative de la sous-jacente d’un bout à l’autre de la fenêtre. Elle est régénérée à chaque publication définitive.

Les douze derniers mois, chiffre par chiffre
Le tableau reprend les séries publiées par l’INSEE, en base 2025, pour les treize derniers mois : glissement annuel de l’IPC, variation sur un mois, inflation sous-jacente, IPCH, et les quatre postes les plus mobiles. Une ligne provisoire est signalée comme telle jusqu’à la publication définitive. La série mensuelle du taux d’inflation depuis 1991 prolonge ce tableau sur trente-cinq ans, en CSV, Excel et JSON.
Les douze derniers mois
Séries Insee, base 2025, août 2025 – août 2026
| Mois | IPC, sur un an | Sur un mois | Sous-jacente | IPCH | Énergie | Alimentation | Services | Manufacturés |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| août 2026 | 2,4 % | +0,7 % | 1,1 % | 2,6 % | +16,7 % | +1,1 % | +1,9 % | −0,4 % |
| juil. 2026 | 2,1 % | +0,6 % | 1,3 % | 2,4 % | +12,6 % | +1,0 % | +2,2 % | −0,7 % |
| juin 2026 | 1,8 % | −0,3 % | 1,0 % | 2,0 % | +11,0 % | +0,9 % | +1,9 % | −1,1 % |
| mai 2026 | 2,4 % | +0,1 % | 1,5 % | 2,8 % | +16,6 % | +1,1 % | +2,1 % | −0,6 % |
| avr. 2026 | 2,2 % | +1,0 % | 1,2 % | 2,5 % | +14,3 % | +1,2 % | +1,8 % | −0,6 % |
| mars 2026 | 1,7 % | +1,0 % | 1,1 % | 2,0 % | +7,4 % | +1,8 % | +1,7 % | −0,5 % |
| févr. 2026 | 0,9 % | +0,6 % | 0,9 % | 1,1 % | −2,9 % | +2,0 % | +1,6 % | −0,2 % |
| janv. 2026 | 0,3 % | −0,3 % | 0,7 % | 0,4 % | −7,6 % | +1,9 % | +1,7 % | −1,2 % |
| déc. 2025 | 0,8 % | +0,1 % | 1,1 % | 0,7 % | −6,8 % | +1,7 % | +2,1 % | −0,4 % |
| nov. 2025 | 0,9 % | −0,2 % | 1,0 % | 0,8 % | −4,6 % | +1,4 % | +2,2 % | −0,6 % |
| oct. 2025 | 0,9 % | +0,1 % | 1,2 % | 0,8 % | −5,6 % | +1,3 % | +2,4 % | −0,5 % |
| sept. 2025 | 1,2 % | −1,0 % | 1,3 % | 1,1 % | −4,4 % | +1,7 % | +2,4 % | −0,4 % |
| août 2025 | 0,9 % | +0,4 % | 1,2 % | 0,8 % | −6,2 % | +1,6 % | +2,1 % | −0,3 % |
Source : Insee, séries BDM (IPC-2025 et IPCH-2025), mises à jour le 15 septembre 2026. Postes : glissement annuel par regroupement. Le mois marqué provisoire sera remplacé par le résultat définitif à sa publication.
Une précision de lecture : la variation sur un mois n’est pas désaisonnalisée. Les soldes de janvier et de juillet font baisser les prix des vêtements, la rentrée les fait remonter en août et septembre, et l’INSEE publie l’indice brut. Une baisse des prix sur un mois en juillet n’est donc pas une désinflation, et un rebond en août n’est pas une accélération : seul le glissement annuel, qui compare un mois au même mois de l’année précédente, neutralise ce calendrier.
Votre inflation n’est pas celle de l’INSEE
Le chiffre officiel pondère chaque poste par la dépense moyenne de l’ensemble des ménages. Un ménage qui se chauffe au gaz et roule beaucoup consacre à l’énergie une part de son budget très supérieure aux 7,6 % du panier moyen ; un ménage urbain locataire sans voiture, une part très inférieure. Le composant ci-dessous applique les hausses de prix du mois, poste par poste, à la structure de dépenses que vous lui indiquez, et compare le résultat au chiffre publié. Il ne prévoit rien : il recalcule le passé récent avec vos poids.
L’INSEE publie elle-même des indices par catégorie de ménages (par niveau de vie, par statut d’occupation du logement, par âge), qui vont dans le même sens : sur un mois de choc énergétique, l’écart entre le premier et le dernier décile de niveau de vie se lit en dixièmes de point, parce que la part de l’énergie et de l’alimentation décroît avec le revenu. C’est cet indice du premier quintile, hors tabac, que le code du travail retient pour le SMIC.
Comment lire le chiffre
Deux publications, deux statuts. L’estimation de fin de mois est provisoire : elle repose sur une collecte incomplète et peut être révisée de un ou deux dixièmes au chiffre définitif, publié vers le 15 du mois suivant. Le chiffre définitif de l’IPC, lui, n’est plus jamais révisé, parce qu’il sert à indexer des contrats et des barèmes. La mécanique de diffusion de l’INSEE, embargo et statut de chaque chiffre, explique pourquoi le même matin sort aussi un indice révisable, l’IPCH.
L’IPCH n’est pas l’IPC. L’indice harmonisé suit la définition européenne : il exclut notamment les services d’intermédiation financière et l’assurance-vie, traite différemment certains remboursements de santé, et sert à la comparaison entre pays et au mandat de la Banque centrale européenne. Les deux indices divergent d’ordinaire de quelques dixièmes, dans un sens ou dans l’autre selon la période ; les divergences d’inflation entre la France, la zone euro et les États-Unis tiennent d’abord à ces différences de champ et de poids, avant les différences de conjoncture.
Depuis janvier 2026, l’IPC et l’IPCH sont publiés en base 2025 et suivent la nomenclature ECOICOP version 2 : les niveaux d’indice ne se comparent pas directement à ceux de la base 2015, les glissements annuels, si, puisque l’INSEE chaîne les séries. La construction du panier et des pondérations par l’INSEE détaille comment les poids de chaque poste sont mis à jour chaque année à partir des comptes nationaux.
Ce que le chiffre change : Livret A, SMIC, loyers
Le glissement annuel de l’IPC n’est pas une donnée qu’on lit puis qu’on oublie : plusieurs barèmes en dépendent mécaniquement, avec des règles écrites et des dates fixes. La formule du Livret A retient la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et celle du taux interbancaire à court terme, avec un plancher, et s’applique aux révisions du 1er février et du 1er août ; la prochaine révision du taux du Livret A et son estimation suivent cette moyenne mois après mois. Le SMIC, lui, est revalorisé automatiquement dès que l’indice des prix du premier quintile de niveau de vie, hors tabac, a progressé d’au moins 2 % depuis sa dernière fixation, en plus de la revalorisation annuelle du 1er janvier ; le compteur de la prochaine revalorisation du SMIC mesure le chemin parcouru vers ce seuil.
Lire le chiffre du mois comme la hausse à venir de son loyer, de sa pension ou de son livret. Chaque barème a sa propre référence : l’indice de référence des loyers est une moyenne sur douze mois de l’IPC hors tabac et hors loyers, publiée chaque trimestre ; les pensions de base suivent l’inflation en moyenne annuelle, hors tabac, constatée à une date donnée ; le Livret A suit une moyenne semestrielle. Un glissement annuel de 2,4 % en août 2026 ne se retrouve tel quel dans aucun d’eux.
Pour la valeur de l’argent entre deux dates, ce n’est pas le glissement mensuel qui compte mais le cumul : le calcul de ce que vaut une somme d’une année à l’autre repose sur les coefficients annuels de l’INSEE, la seule série qui remonte à 1901. Et pour situer le mois dans le panorama complet des indicateurs, le baromètre macroéconomique du mois replace l’IPC français aux côtés des chiffres américains et de la zone euro.
Questions fréquentes
Quand l’INSEE publie-t-elle l’inflation du mois ?
Deux fois : une estimation provisoire le dernier ou l’avant-dernier jour ouvré du mois concerné, puis les résultats définitifs vers le 15 du mois suivant, à 8h45 dans les deux cas. Les deux dates suivantes sont annoncées dans chaque communiqué ; l’INSEE ne publie pas de calendrier annuel.
Quelle est la différence entre l’IPC, l’IPCH et l’inflation sous-jacente ?
L’IPC est l’indice national, non révisé une fois définitif, utilisé pour indexer les contrats et les barèmes. L’IPCH est l’indice harmonisé européen, comparable entre pays et révisable, avec un champ un peu différent. L’inflation sous-jacente est l’IPC débarrassé des prix volatils et administrés et des effets fiscaux : elle mesure la tendance de fond, hors chocs d’énergie et de produits frais.
Pourquoi l’énergie pèse-t-elle autant dans le chiffre alors qu’elle représente moins d’un dixième du panier ?
Parce que la contribution d’un poste est son poids multiplié par sa variation de prix. Un poste de 8 % du panier dont les prix montent de 15 % sur un an ajoute 1,2 point au total, autant que les services, six fois plus lourds, s’ils progressent de 2 %. Les prix de l’énergie bougent dix fois plus vite que ceux des services, d’où leur poids dans les mois de choc.
Le chiffre provisoire est-il souvent révisé ?
Les révisions entre l’estimation de fin de mois et le résultat définitif sont en général de l’ordre d’un dixième de point sur le glissement annuel, dans un sens ou dans l’autre, parce que la collecte de fin de mois est complétée. Le chiffre définitif de l’IPC n’est ensuite jamais révisé, contrairement à l’IPCH.
Mis à jour le 22 septembre 2026
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