Simulateur Livret A par quinzaine : les intérêts exacts de vos versements et retraits datés

Le taux du Livret A est public. Ce qu’un livret rapporte réellement dépend de dates que peu de gens regardent : le 1er et le 16 de chaque mois, où les quinzaines commencent, et le 31 décembre, où les intérêts entrent au capital.

Ce simulateur reproduit le calcul de la banque. Vous saisissez un solde de départ, des versements et des retraits datés, une date de situation ; il applique la règle des quinzaines de l’article R. 221-4 du Code monétaire et financier, le taux fixé par arrêté pour chaque période, le plafond de versement de 22 950 € et la capitalisation du 31 décembre. Il affiche ensuite la même somme en pouvoir d’achat, corrigée de l’indice des prix INSEE entre la date de chaque flux et la date de situation. Taux connus jusqu’au 31 janvier 2027, aucune projection au-delà.

TL;DR

Un Livret A ne rapporte pas « le taux » : il rapporte le taux de chaque quinzaine sur le solde de chaque quinzaine, et la date du versement décide de la première.

  • Versé du 1er au 15 : rémunéré dès le 16 ; du 16 à la fin du mois : dès le 1er suivant. Retiré du 1er au 15 : rémunération arrêtée au dernier jour du mois précédent ; du 16 à la fin : arrêtée au 15.
  • Le taux change au 1er février et au 1er août : un solde laissé toute l’année 2026 a été rémunéré à 1,7 %, puis 1,5 %, puis 1,7 %, soit 1,60 % en moyenne (160,00 € pour 10 000 €).
  • L’exemple par défaut, 5 000 € au 1er janvier 2026 plus trois opérations, donne 91,21 € d’intérêts capitalisés au 31 décembre, 1,60 % en moyenne pondérée.

La règle des quinzaines, en pratique

La banque ne calcule pas les intérêts au jour le jour. Elle découpe l’année en vingt-quatre quinzaines, du 1er au 15 et du 16 à la fin du mois, et rémunère le solde présent au début de chacune. Un versement n’entre dans le solde rémunéré qu’à la quinzaine suivante : versé le 3 mars, il compte à partir du 16 mars ; versé le 20 juin, à partir du 1er juillet. Un retrait sort du solde rémunéré dès la quinzaine où il a lieu : retiré le 12 août, l’argent a cessé de rapporter le 31 juillet. La règle est écrite en une phrase ; ses effets se comptent en euros.

Le même billet de 1 000 € versé le 15 mars 2026 rapporte 12,71 € au 31 décembre ; versé le lendemain, 12,08 €. L’écart, 0,62 €, est exactement une quinzaine au taux de 1,5 % : 1 000 × 1,5 % / 24. Pour un retrait, la logique s’inverse. Sur un solde de 10 000 € depuis le 1er janvier 2026, retirer 1 000 € le 15 juin laisse 150,42 € d’intérêts sur l’année, le 16 juin 151,04 € : un jour plus tard, une quinzaine de plus rémunérée. Une journée peut valoir quinze jours d’intérêts.

Chaque quinzaine est rémunérée au taux en vigueur à son premier jour. Comme le taux change au 1er février et au 1er août, une même année combine généralement deux ou trois taux : en 2026, 1,7 % en janvier, 1,5 % de février à juillet, 1,7 % d’août à décembre. C’est pourquoi un solde immobile toute l’année n’a pas rapporté 1,7 %, ni 1,5 %, mais 1,60 %. Le taux en vigueur et la prochaine révision fixent la borne du calcul ; l’historique complet des taux depuis 1960 fournit les paliers pour toute date antérieure.

L’exemple par défaut, pas à pas

Le simulateur s’ouvre sur un livret de 5 000 € au 1er janvier 2026, un versement de 1 000 € le 3 mars, un versement de 500 € le 20 juin et un retrait de 800 € le 12 août, situation au 31 décembre 2026. Le solde rémunéré vaut 5 000 € sur les cinq premières quinzaines, 6 000 € du 16 mars au 30 juin, 6 500 € en juillet, puis 5 700 € d’août à décembre. Aux taux de chaque période, l’année produit 91,21 € d’intérêts, ajoutés au capital le 31 décembre : solde 5 791,21 €, pour 5 700 € de versements nets. Le taux moyen pondéré par le solde est de 1,60 %.

Le détail par quinzaine, déplié sous le graphique, montre où se forme chaque centime : 3,54 € par quinzaine en janvier, 3,12 € en février quand le taux baisse à 1,5 %, 3,75 € dès que le versement de mars entre au solde. Le simulateur accepte n’importe quelle combinaison de dates entre 1990 et le 31 janvier 2027, y compris sur plusieurs années : les intérêts de chaque 31 décembre sont alors capitalisés et rémunérés l’année suivante.

Erreur fréquente

« Mon Livret A me rapporte 1,7 %. » Il rapporte 1,7 % par an sur le solde rémunéré de chaque quinzaine, au taux alors en vigueur. Un versement du 16 au 31 attend deux semaines avant de compter, un retrait du 1er au 15 a déjà cessé de compter depuis la fin du mois précédent, et le taux de l’année a le plus souvent changé en cours de route. Sur une année, l’écart entre le taux affiché et le taux effectivement obtenu se lit en dixièmes de point ; sur un livret alimenté par petits versements, il se lit en quinzaines perdues.

Lecture en pouvoir d’achat

Sous les cartes de résultat, le simulateur affiche la hausse des prix mesurée par l’indice des prix à la consommation de l’INSEE entre le mois de départ et le mois de situation, puis le solde qui aurait conservé le pouvoir d’achat des versements nets : chaque versement et chaque retrait est réévalué avec l’indice de sa propre date. L’écart entre ce solde et le solde obtenu dit si les intérêts ont couvert l’inflation de la période. La lecture est rétrospective : après le dernier indice publié, les prix sont tenus constants et le composant l’indique. Sur longue période, la même question se pose année par année dans soixante ans de rendement réel du Livret A ; la formule générale est celle du simulateur de rendement réel après inflation.

Ce que le simulateur lit, et ce qu’il ne fait pas

Les taux viennent des arrêtés publiés au Journal officiel pour les périodes depuis 2020, lus dans la même table que la page du taux en vigueur, et de la série mensuelle de la Banque de France pour les années antérieures, via le jeu de données des paliers du Livret A. Aucun taux n’est projeté : après le 31 janvier 2027, date de fin de la période fixée par l’arrêté du 28 juillet 2026, le calcul s’arrête et le dit. Le simulateur ne couvre pas le LEP, dont le taux diffère ; le LDDS suit exactement la même règle et le même taux. Il n’applique aucune fiscalité, le Livret A étant exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et il ignore les jours de valeur bancaires exceptionnels. Avant 2020, quelques changements de taux ne sont connus qu’au mois près, ce qui décale au plus une quinzaine ; la formule qui fixe le taux et la mécanique du plafond sont traitées à part. Ce que le Livret A remplit comme fonction dans une épargne ne relève pas d’un calcul d’intérêts.

Questions fréquentes

Comment sont calculés les intérêts du Livret A par quinzaine ?

Les intérêts sont calculés deux fois par mois, le 1er et le 16. Chaque quinzaine rapporte le solde rémunéré multiplié par le taux annuel divisé par 24. Un versement est rémunéré à partir de la quinzaine qui suit sa date (le 16 pour un versement du 1er au 15, le 1er du mois suivant pour un versement du 16 à la fin du mois) ; un retrait cesse d’être rémunéré dès la quinzaine où il a lieu. Les intérêts de l’année sont ajoutés au capital le 31 décembre et produisent eux-mêmes des intérêts à partir du 1er janvier.

Vaut-il mieux verser le 15 ou le 16 du mois sur un Livret A ?

Un versement effectué le 15 est rémunéré dès le 16, un versement effectué le 16 attend le 1er du mois suivant. Sur 1 000 € versés en mars 2026, l’écart est d’une quinzaine au taux de 1,5 %, soit 0,62 €. Pour un retrait, c’est l’inverse : un retrait le 16 conserve la rémunération de la première quinzaine du mois, un retrait le 15 la perd.

Pourquoi le simulateur affiche-t-il un taux moyen différent de 1,7 % ?

Parce que le taux du Livret A change au 1er février et au 1er août et que chaque quinzaine est rémunérée au taux alors en vigueur. Sur l’année 2026, un solde laissé du 1er janvier au 31 décembre a été rémunéré à 1,7 % en janvier, 1,5 % de février à juillet et 1,7 % d’août à décembre, soit 1,60 % en moyenne. Le taux moyen affiché est pondéré par le solde de chaque quinzaine, il dépend donc aussi des dates des versements et des retraits.

Le simulateur tient-il compte du plafond de 22 950 € ?

Oui. Le plafond de versement du Livret A est de 22 950 € hors intérêts capitalisés : un versement qui le dépasserait est ramené au montant encore possible et signalé. Les intérêts peuvent porter le solde au-delà du plafond, ils continuent d’être rémunérés. Le simulateur ne couvre pas le LEP, dont le taux et le plafond diffèrent ; le LDDS suit la même règle des quinzaines et le même taux que le Livret A.

Que mesure la lecture en pouvoir d’achat ?

Elle compare le solde obtenu à la somme qu’il aurait fallu détenir pour conserver le pouvoir d’achat des versements nets, chaque versement et chaque retrait étant réévalué avec l’indice des prix à la consommation de l’INSEE entre sa date et la date choisie. Un écart négatif signifie que l’inflation a pris plus que les intérêts n’ont rapporté sur la période. C’est une lecture rétrospective sur des indices publiés, sans aucune projection.

Mis à jour le 18 septembre 2026

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