Quel est le salaire médian en France ?

En 2024, la moitié des salariés du privé gagnait moins de 2 190 € net par mois en équivalent temps plein, selon l'Insee. Médiane, moyenne et les déciles.

En 2024, le salaire médian des salariés du secteur privé atteignait 2 190 € net par mois en équivalent temps plein, selon l’Insee. Le salaire moyen, 2 733 €, le dépasse de 25 %, parce que la distribution est tassée en bas, près du SMIC, et étirée en haut, où quelques hauts salaires relèvent la moyenne. Depuis 1996, en euros constants, le premier décile a progressé de 17,8 %, contre 13,3 % pour le neuvième décile et 12,7 % pour la médiane.

La réponse courte

Dans le secteur privé, le salaire médian était de 2 190 € net par mois en 2024, en équivalent temps plein (Insee Première n° 2079, octobre 2025) : la moitié des salariés gagnait moins. La fonction publique n’y figure pas. L’Insee la traite à part. L’équivalent temps plein (EQTP) ramène chaque poste à un temps complet sur toute l’année, si bien qu’un mi-temps payé 1 100 € y compte pour 2 200 €.

Le salaire moyen, 2 733 €, dépasse la médiane de 25 %, parce que les plus hauts salaires le tirent vers le haut : le 1 % le mieux payé gagne plus de 10 261 €. Plus de deux salariés du privé sur trois gagnent moins que le salaire moyen.

Le chiffre inclut les alternants, les stagiaires, les contrats aidés et Mayotte, mais pas les salariés de l’agriculture ni ceux des particuliers employeurs. Sans les alternants, les stagiaires et Mayotte, la médiane atteindrait 2 247 €.

→ Pour situer un salaire sur longue période : la distribution des salaires français depuis 1951

Ce que montrent les données

L’Insee publie chaque automne la distribution des salaires du privé de l’année précédente, à partir des déclarations sociales des entreprises. Les montants sont nets de cotisations sociales, de CSG et de CRDS.

Les repères de 2024, en euros nets par mois en EQTP (Insee) :

  • Premier décile 1 492 €, médiane 2 190 €, neuvième décile 4 334 €, 99e centile 10 261 €, soit 4,7 fois la médiane.
  • Un quart des salariés gagnait moins de 1 746 €, un quart plus de 3 014 € ; un salaire de 3 000 € dépassait celui d’environ 74 % des salariés.
  • Les femmes gagnaient en moyenne 13,0 % de moins que les hommes (2 514 € contre 2 891 €), 8,9 % de moins à la médiane (2 079 € contre 2 281 €), à temps de travail égal puisque les montants sont en EQTP.
  • En 2024, salaire moyen et salaire médian ont progressé de 0,8 % en euros constants. L’inflation est revenue à 2,0 %, contre 4,9 % en 2023.
  • Évolution en euros constants du premier décile, de la médiane et du neuvième décile : +11,6 %, +6,1 % et +6,3 % de 1996 à 2008 ; +4,6 %, +6,9 % et +7,6 % de 2008 à 2019 ; +0,2 %, +0,7 % et +1,4 % de 2019 à 2021 ; +0,8 %, -1,3 % et -2,3 % de 2021 à 2024.

L’écart se creuse vers le haut. Entre femmes et hommes, il est de 2,0 % au premier décile (1 477 € contre 1 507 €), de 15,3 % au neuvième (3 920 € contre 4 630 €).

Distribution des salaires mensuels nets en équivalent temps plein dans le secteur privé en 2024, déciles et médiane, Insee (Eco3min)

Pourquoi la moyenne dépasse la médiane

Deux traits de la distribution française expliquent l’écart de 25 %, un plancher et une longue traîne.

Un plancher. Le bas de l’échelle est tassé près du SMIC. Du premier décile à la médiane, l’écart n’est que de 47 %, et 254 € seulement séparent le premier décile du premier quartile. Le SMIC est revalorisé chaque 1er janvier, et en cours d’année dès que les prix ont progressé de 2 % depuis la revalorisation précédente : la règle maintient son pouvoir d’achat, pas celui des salaires situés juste au-dessus. La série du SMIC en euros constants retrace ces revalorisations.

Une longue traîne. De la médiane au neuvième décile, l’écart atteint 98 %, et le 99e centile atteint 4,7 fois la médiane. Ces salaires relèvent la moyenne sans déplacer la médiane.

Les régimes n’ont pas de cause unique, et de 1996 à 2008 le premier décile a devancé la médiane de 5,5 points, sur fond de revalorisations décidées du SMIC, dont la convergence des garanties mensuelles de rémunération (2003–2005). De 2008 à 2019, sous une inflation faible, la médiane a pris 2,3 points d’avance sur le premier décile. De 2021 à 2024, avec le retour de l’inflation, que l’indexation répercute sur le SMIC et non sur les salaires intermédiaires, le premier décile a de nouveau devancé la médiane, de 2,1 points. Une partie du recul de la médiane peut aussi tenir à la composition, le champ incluant les alternants. L’écart de progression entre le premier décile et la médiane est le paramètre qui distingue ces régimes.

Depuis 1996, le bas de l’échelle des salaires a progressé plus vite que le milieu et le haut.

→ Du salaire au budget : les arbitrages budgétaires des ménages

Ce que cela signifie pour les acteurs économiques

Salariés. Le classement porte sur des postes. Pour un temps partiel, le salaire versé chaque mois est inférieur au salaire en EQTP qui sert à ce classement.

Employeurs. Le tassement du bas de l’échelle se lit dans les grilles. Entre le premier décile et le premier quartile, l’écart tient en 254 €, et une revalorisation du SMIC non répercutée sur les minima de branche rapproche encore ces niveaux.

Pouvoirs publics. L’indexation automatique porte sur le SMIC seul. La médiane, 47 % au-dessus du premier décile, n’est pas indexée.

Une erreur courante consiste à comparer ces montants nets à un salaire brut. En moyenne, le net représente 76 % du brut (2 733 € contre 3 602 €). Quand la comparaison porte sur les États-Unis, où les salaires sont publiés avant impôt, la même précaution vaut pour les chiffres américains du salaire médian et du salaire moyen.

Observation pratique

Ce que les données suggèrent pour comprendre sa situation :

  • Question à se poser : le salaire auquel on se compare est-il net ou brut, en EQTP ou réellement versé, limité au privé ou étendu à toute l’économie ?
  • Donnée à suivre : l’évolution annuelle du salaire moyen en euros constants, publiée chaque automne par l’Insee, soit -1,9 % en 2021, -1,3 % en 2022, -1,0 % en 2023 et +0,8 % en 2024.
  • Parallèle historique : le rapport entre neuvième et premier décile est passé de 3,02 en 1996 à 2,87 en 2005, son plus bas, puis à 3,06 en 2020, son plus haut, avant de revenir à 2,91 en 2024.
  • Ce que documente la littérature : Verdugo (Labour Economics, 2014) décrit une compression continue de la structure des salaires en France de 1969 à 2008, à l’inverse des États-Unis, et la relie à la hausse du niveau d’éducation.

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Pour aller plus loin

📊 Comparatif : salaire nominal et salaire réel

📖 Analyse liée : l’effet de l’inflation selon le niveau de revenu

🌍 Autre mesure, autre pays : l’écart entre moyenne et médiane aux États-Unis, calculé sur le revenu des ménages et non sur les salaires

Questions fréquentes

Quelle différence entre salaire médian et salaire moyen ?

La médiane partage les salariés en deux moitiés égales, à 2 190 € en 2024. La moyenne divise la masse des salaires par le nombre de postes en EQTP, soit 2 733 €. Les hauts salaires la tirant vers le haut, elle se situe entre le 68e et le 69e centile de la distribution. Elle décrit la masse salariale par poste ; le salarié du milieu, c’est la médiane.

Pourquoi le bas de l’échelle a-t-il progressé plus vite que la médiane ?

Le premier décile est proche du SMIC, qui a été fortement revalorisé dans les années 2000 et que la règle d’indexation, permanente, a relevé plusieurs fois en cours d’année quand l’inflation est revenue, entre 2021 et 2023. Sur 1996–2024, le premier décile a gagné 17,8 % en euros constants, la médiane 12,7 %. De 2021 à 2024, le premier décile a progressé de 0,8 % quand la médiane reculait de 1,3 %, un écart dont une partie peut tenir à la composition du champ. Verdugo avance une autre explication de long terme, la hausse du niveau d’éducation.

Le salaire médian couvre-t-il la fonction publique et les temps partiels ?

Pas la fonction publique, qui fait l’objet d’une Insee Première distincte. Les temps partiels sont inclus, ramenés à un temps plein. Pour le salaire réellement perçu sur l’année, l’Insee publie un revenu salarial annuel, qui tient compte du temps travaillé.

Mis à jour le 9 octobre 2026

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