Pétrole brut stocké dans la réserve stratégique américaine

Millions de barils en fin de mois, d'octobre 1977 au 2 octobre 2026. Changez de vue : le stock, les barils ajoutés ou retirés chaque mois, et chaque grand tirage depuis le premier remplissage.

Points clés, millions de barils
DateStockPart du pic de décembre 2009
octobre 19772,60 %
septembre 1982277,938 %
décembre 2009726,6100 %
juillet 2020656,190 %
juin 2023347,248 %
février 2026415,457 %
2 octobre 2026283,039 %

Source : U.S. Energy Information Administration, stocks de pétrole brut de la Strategic Petroleum Reserve en fin de période, séries MCSSTUS1 (mensuelle) et WCSSTUS1 (hebdomadaire), lues le 8 octobre 2026.

Méthode : stocks de fin de mois publiés par l'EIA ; août et septembre 2026 reprennent le dernier relevé hebdomadaire du mois, et le dernier point est la semaine au 2 octobre 2026. Rien n'est interpolé. Un tirage va d'un plus haut au plus bas suivant et figure dès qu'il atteint 15 millions de barils.

Stocks commerciaux de pétrole brut, hors réserve : jeu de données des stocks de brut américains (en anglais).

TL;DR. La réserve stratégique de pétrole des États-Unis contenait 283,0 millions de barils le 2 octobre 2026, moins qu’à toute fin de mois depuis septembre 1982.

  • Le stock a culminé à 726,6 millions de barils en décembre 2009. Il en garde 39 %, d’après les données de l’EIA.
  • De février au début d’octobre 2026, il a perdu 132,5 millions de barils, soit un tiers de son niveau. Mai et juin 2026 sont les deux plus fortes baisses mensuelles depuis 1977.
  • La baisse la plus forte en volume reste celle de juillet 2020 à juin 2023, 309,0 millions de barils, qui comprend les 180 millions de barils mis sur le marché par le département de l’Énergie en 2022.

La Strategic Petroleum Reserve, le stock d’urgence de pétrole brut détenu par l’État fédéral américain, contenait 283,0 millions de barils la semaine close le 2 octobre 2026, selon le rapport hebdomadaire de l’U.S. Energy Information Administration (EIA). Le stock n’avait plus été aussi bas depuis l’automne 1982, cinq ans après le début du remplissage. Cette page suit le stock à chaque fin de mois depuis octobre 1977, sur un seul graphique dont l’axe part de zéro.

Le graphique coupe le stock au niveau actuel : en ocre, les 283,0 millions de barils que la réserve contient aujourd’hui, un niveau franchi pour la première fois en octobre 1982 ; en noir, tout ce qu’elle a contenu au-delà depuis. Les données qui le sous-tendent, 589 lignes de valeurs EIA avec la variation d’un mois sur l’autre, sont téléchargeables plus bas.

Les chiffres clés

Périmètre : pétrole brut stocké dans la Strategic Petroleum Reserve américaine, fin de chaque mois, d’octobre 1977 au 2 octobre 2026

Dernier point : 283,0 millions de barils la semaine close le 2 octobre 2026, 39 % du pic

Pic : 726,6 millions de barils, décembre 2009

Même niveau qu’en : septembre–octobre 1982 (277,9 et 284,6 millions de barils en fin de mois)

Depuis le début de 2026 : 415,4 millions de barils en février, 132,5 millions de moins au 2 octobre

Plus fortes baisses mensuelles : mai 2026 (moins 39,1 millions), juin 2026 (moins 33,2 millions), juin 2022 (moins 29,8 millions)

Sources : U.S. Energy Information Administration, stocks de pétrole brut de la SPR en fin de période, séries MCSSTUS1 (mensuelle) et WCSSTUS1 (hebdomadaire), lues le 8 octobre 2026. Calcul Eco3min des variations et des parts.

Un stock d’urgence, compté en barils

La réserve est née de l’Energy Policy and Conservation Act de 1975, deux ans après l’embargo pétrolier de 1973. Elle conserve du pétrole brut appartenant à l’État, qui peut être vendu, prêté ou échangé en cas de rupture d’approvisionnement. L’EIA publie son niveau deux fois : chaque mercredi pour la semaine close le vendredi précédent, et dans le Petroleum Supply Monthly pour la fin de chaque mois, environ deux mois plus tard.

Le graphique suit la série mensuelle d’octobre 1977, où elle part de 2,6 millions de barils, à juillet 2026, dernier mois publié le 30 septembre. Août et septembre 2026 reprennent le dernier relevé hebdomadaire de chaque mois, et le dernier point est le relevé hebdomadaire le plus récent. Les deux séries concordent là où elles se recouvrent : l’écart médian entre une valeur de fin de mois et le dernier relevé hebdomadaire du même mois est de 72 000 barils.

Trente-deux ans de remplissage

Les premières années vont vite. Le stock atteint 277,9 millions de barils fin septembre 1982, 493,3 millions fin 1985 et 591,7 millions fin 1994. La hausse ralentit ensuite, jusqu’à 700,7 millions en août 2005 puis au pic de 726,6 millions en décembre 2009. Sur ces mêmes décennies, la production américaine de brut reste sous son sommet de 1970, dépassé seulement en 2018 selon la série de production de l’EIA depuis 1920 (en anglais).

De petites baisses jalonnent toute la série. Le graphique compte neuf replis d’au moins 15 millions de barils depuis un plus haut. L’historique des déstockages du département de l’Énergie recense par exemple 17,3 millions de barils vendus pendant la guerre du Golfe en 1991 et 11,0 millions de barils vendus après l’ouragan Katrina en 2005. Entre 2009 et 2020, le stock recule de 30 à 36 millions de barils lors de trois épisodes, sans jamais s’éloigner beaucoup de son plateau.

Deux grands déstockages à six ans d’écart

Le premier grand déstockage va de juillet 2020, à 656,1 millions de barils, à juin 2023, à 347,2 millions : 309,0 millions de barils en moins. Il comprend l’opération de 2022, pour laquelle l’historique des déstockages du département de l’Énergie indique que le DOE a mis 180 millions de barils de brut sur le marché. Son mois le plus lourd est juin 2022, avec 29,8 millions de barils en moins. Le stock remonte ensuite de 68,3 millions de barils, jusqu’à 415,4 millions en février 2026.

Le second commence en mars 2026. Au 2 octobre, le stock a perdu 132,5 millions de barils, 31,9 % de son niveau de février, en sept mois. Mai 2026 (39,1 millions de barils en moins) et juin 2026 (33,2 millions) sont les deux plus fortes baisses mensuelles de la série depuis 1977. L’épisode 2020–2023 pèse plus lourd en volume. Celui de 2026 va plus vite, et il amène le stock plus bas.

Graphique en aire du pétrole brut stocké dans la Strategic Petroleum Reserve américaine, en fin de mois, d'octobre 1977 au 2 octobre 2026, en millions de barils sur une échelle partant de zéro. Le stock est coupé au niveau actuel, 283 millions de barils : en dessous, un socle ocre, présenté comme le stock du 2 octobre 2026, franchi pour la première fois en octobre 1982 ; au-dessus, une aire noire, le stock au-delà de ce niveau, qui quitte la ligne en octobre 1982, culmine à 727 millions en décembre 2009, chute en 2022, remonte à environ 415 millions début 2026 et revient se poser sur la ligne le 2 octobre 2026.
Pétrole brut stocké dans la Strategic Petroleum Reserve américaine, fin de chaque mois, d’octobre 1977 au 2 octobre 2026, millions de barils. Ocre : le stock jusqu’au niveau actuel, 283 millions de barils. Noir : le stock au-delà. Source : U.S. Energy Information Administration, séries MCSSTUS1 et WCSSTUS1. Calcul Eco3min.

Ce que le stock ne dit pas

Le chiffre hebdomadaire compte les barils présents dans les cavités salines, pas les barils qui doivent y revenir. Une vente retire du pétrole pour de bon, un échange le prête. Dans son avis du 29 septembre 2026, le département de l’Énergie appelle des offres pour un échange de 40 millions de barils de brut au plus, et précise que les compagnies rendront les barils empruntés avec des barils supplémentaires en prime. Le même avis programme pour novembre et décembre 2026 les livraisons sortant de la réserve au titre des échanges déjà attribués, sans dater les retours. Deux déstockages de même taille peuvent donc laisser la réserve dans des positions différentes un an plus tard, ce que la série de stock ne distingue pas.

Le relevé hebdomadaire est l’indicateur à suivre, publié chaque mercredi (voir l’agenda des rendez-vous du pétrole). Un niveau hebdomadaire sous 277,9 millions de barils ferait passer le stock sous sa fin de mois de septembre 1982. Une hausse du chiffre hebdomadaire marquerait le moment où les retours commencent à dépasser les sorties. La série mensuelle confirme chaque mois environ deux mois plus tard.

Deux lectures de la même série

Une première lecture voit une réserve utilisée pour ce à quoi elle sert. Le stock a été constitué pour être mobilisé en cas de rupture d’approvisionnement, et l’historique des déstockages du département de l’Énergie range ses ventes d’urgence de 1991, 2005 et 2022 sous les intitulés « Desert Storm », « Hurricane Katrina » et « IEA Coordinated Release ». Vu ainsi, un stock plus bas est l’état normal d’un amortisseur qui a servi. Deux des ventes d’urgence citées, celles de 1991 et de 2022, se rattachent à des chocs pétroliers qu’a traversés l’économie américaine depuis 1973.

Une seconde lecture regarde ce qui reste. À 283 millions de barils, la réserve garde 39 % de son pic de 2009, après deux déstockages de plus de 100 millions de barils en six ans, séparés par une remontée de 68,3 millions de barils. Dans cette lecture, le graphique montre un coussin plus mince qu’à toute fin de mois depuis septembre 1982, alors que la date de la prochaine rupture est inconnue.

Les deux lectures s’appuient sur les mêmes 589 valeurs. Les données ne disent pas si les barils retirés en 2026 reviendront, combien, ni quand.

Méthodologie et sources

Séries. U.S. Energy Information Administration, U.S. Ending Stocks of Crude Oil in SPR, milliers de barils : MCSSTUS1, mensuelle, fin de mois, depuis octobre 1977 ; WCSSTUS1, hebdomadaire, semaine close le vendredi, depuis août 1982. Les deux lues par l’API de l’EIA le 8 octobre 2026.

Construction. Une ligne par mois tirée de la série mensuelle jusqu’à son dernier mois publié (juillet 2026). Pour les mois suivants, le dernier relevé hebdomadaire daté du mois (28 août et 25 septembre 2026), puis le relevé hebdomadaire le plus récent (2 octobre 2026). Rien n’est interpolé, raccordé ni remis à l’échelle. Là où les deux séries coexistent, le plus grand écart entre une valeur de fin de mois et le dernier relevé hebdomadaire du même mois est de 6,8 millions de barils, l’écart médian de 72 000 barils.

Valeurs dérivées. Variation = stock moins le stock de la ligne précédente. Part du pic = stock divisé par le stock de décembre 2009. Un déstockage va d’un plus haut au plus bas suivant, s’arrête quand le stock rebondit de plus de 2 millions de barils, et compte dès que la baisse atteint 15 millions de barils. Variations et parts sont calculées en milliers de barils puis arrondies : une variation peut donc différer de 0,1 de l’écart entre deux stocks arrondis.

Limites. (1) Le stock ne distingue pas les ventes des échanges et des prêts appelés à revenir. (2) Les chiffres hebdomadaires peuvent être révisés dans la série mensuelle. (3) Le graphique ne dit rien de la qualité du brut stocké (léger ou soufré) ni de l’état des sites de stockage. Côté français, la SAGESS, qui détient une large part des réserves stratégiques de pétrole de la France, répartit ses stocks entre dépôts, raffineries et cavités souterraines.

Reproductibilité. Le CSV ci-dessous reprend chaque ligne avec sa série EIA, sa fréquence, le stock en milliers et en millions de barils, la variation, le libellé remplissage ou tirage et la part du pic. Il est construit par script depuis l’API de l’EIA, sans aucune valeur saisie à la main. Le graphique est produit en Python (matplotlib). Les stocks commerciaux de brut, détenus par les compagnies hors de la réserve, font l’objet d’un jeu de données sur les stocks de brut américains (en anglais).

Contresens fréquents

Lire le stock comme le plus bas de l’histoire. La réserve est partie de zéro en 1977. Le niveau actuel est le plus bas depuis 1982, et chaque mois antérieur à octobre 1982 était plus bas.

Assimiler chaque déstockage à une vente. Les échanges et les prêts font aussi baisser le stock, et ils doivent revenir avec des barils supplémentaires. La série enregistre les barils stockés, quelle que soit l’opération.

Tenir le chiffre hebdomadaire pour définitif. La série mensuelle, publiée environ deux mois plus tard, fait référence. Les chiffres hebdomadaires retenus pour août, septembre et début octobre 2026 peuvent être révisés.

Questions fréquentes

Combien de pétrole contient la réserve stratégique américaine ?

283,0 millions de barils la semaine close le 2 octobre 2026, d’après le rapport hebdomadaire de l’EIA (série WCSSTUS1).

Quand la réserve stratégique a-t-elle été la plus remplie ?

En décembre 2009, avec 726,6 millions de barils en fin de mois, d’après la série mensuelle MCSSTUS1 de l’EIA.

La réserve est-elle à son plus bas historique ?

Non. Elle est à son plus bas depuis 1982. Le remplissage a commencé en 1977, et la dernière fin de mois sous le niveau actuel est septembre 1982, à 277,9 millions de barils.

Quelle était l’ampleur du déstockage de 2022 ?

Le département de l’Énergie indique avoir mis 180 millions de barils de brut sur le marché en 2022. Dans la série mensuelle, le stock passe de 656,1 millions de barils en juillet 2020 à 347,2 millions en juin 2023.

À quel rythme la réserve a-t-elle baissé en 2026 ?

De 132,5 millions de barils entre fin février et le 2 octobre 2026, de 415,4 à 283,0 millions. Les baisses de mai et de juin 2026, 39,1 et 33,2 millions de barils, sont les plus fortes baisses mensuelles depuis 1977.

À quoi sert la réserve stratégique de pétrole américaine ?

À protéger l’économie américaine des ruptures graves d’approvisionnement en pétrole, selon le département de l’Énergie. Le Congrès l’a créée par l’Energy Policy and Conservation Act de 1975, après l’embargo pétrolier de 1973. Le département lui assigne un second rôle : remplir les obligations de stockage des États-Unis au titre de l’International Energy Program, le traité fondateur de l’Agence internationale de l’énergie. Le président décide de chaque sortie. Elle prend la forme d’une vente ou d’un échange, dans lequel des compagnies empruntent des barils et les rendent avec des barils supplémentaires en prime.

Combien de fois la réserve stratégique a-t-elle été mobilisée ?

Le département de l’Énergie compte quatre ventes d’urgence décidées par le président : 17,3 millions de barils en 1991 (opération Desert Storm), 11,0 millions après l’ouragan Katrina en 2005, 30,6 millions lors de l’action coordonnée de l’AIE en 2011 et 180,0 millions en 2022. Son historique des sorties de la réserve recense aussi trois ventes test (1985, 1990 et 2014) et 16 échanges d’urgence entre 1996 et 2025. Les 172 millions de barils annoncés le 11 mars 2026 relèvent d’un échange, pas d’une vente. Au 29 septembre 2026, plus de 133 millions de barils avaient été attribués. De son côté, l’Agence internationale de l’énergie compte les actions collectives de ses membres plutôt que les ventes américaines : six depuis 1974, la dernière le 11 mars 2026.

Quels pays détiennent des réserves stratégiques de pétrole ?

Chacun des 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie est tenu de détenir des stocks égaux à au moins 90 jours des importations nettes de l’année précédente. Les exportateurs nets comme le Canada, le Mexique et la Norvège en sont dispensés. Ces stocks appartiennent à l’État aux États-Unis, à une agence ou à des opérateurs soumis à obligation ailleurs, et la France combine les deux. Dans l’Union européenne, la directive 2009/119/CE retient 90 jours d’importations nettes ou 61 jours de consommation, la plus élevée des deux quantités. Hors AIE, l’Inde déclare des cavernes de 5,33 millions de tonnes, environ 9,5 jours de sa demande nationale. La Chine indique avoir construit neuf bases nationales de réserve, sans en publier le volume.

Télécharger les données complètes

589 lignes, d’octobre 1977 au 2 octobre 2026 : pétrole brut stocké dans la Strategic Petroleum Reserve en milliers et en millions de barils, série EIA et fréquence de chaque ligne, variation depuis la ligne précédente, libellé remplissage ou tirage et part du pic de décembre 2009. Fichier en anglais.

Télécharger le CSV

Données : U.S. Energy Information Administration (œuvre du gouvernement américain, domaine public). Textes et analyses d’Eco3min : CC BY 4.0. Les données, fichiers et graphiques restent soumis aux conditions de leur producteur, indiquées sur chaque page ; Eco3min n’accorde aucune licence sur des données de tiers.

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Conclusion

La réserve a mis trente-deux ans à atteindre 726,6 millions de barils et en contient 283,0 aujourd’hui, son niveau de l’automne 1982. Deux déstockages expliquent l’essentiel de l’écart : le plus lourd entre 2020 et 2023, le plus rapide en 2026. Tous deux sont postérieurs à 2018, année où les États-Unis ont pris la tête du classement des pays producteurs de pétrole.

Les prochains relevés hebdomadaires diront si la baisse se poursuit. Les livraisons sortant de la réserve au titre des échanges déjà attribués sont prévues en novembre et décembre 2026, les barils prêtés doivent revenir avec une prime à des dates que l’avis ne fixe pas, et un niveau hebdomadaire sous 277,9 millions de barils ferait passer le stock sous sa fin de mois de septembre 1982.

Mis à jour le 9 octobre 2026

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