Le registre des raffineries définitivement arrêtées de l’EIA porte quatre-vingt-dix entrées pour les 50 États entre janvier 1990 et janvier 2026, soit 3 550 327 barils par jour de capacité de distillation. Sur la même période, la capacité américaine a augmenté de 2 588 527 barils par jour.

Les deux chiffres viennent de la même agence, et aucun n’est faux. Ce qui les sépare tient dans ce que le mot fermeture recouvre : des conversions, des extensions chez les survivants, et un registre que personne n’ouvre.

TL;DR

La presse compte les raffineries qui ferment. Le registre compte les barils, et sur trente-six ans les deux comptes vont en sens contraire.

  • Quatre-vingt-dix arrêts définitifs dans les 50 États entre janvier 1990 et janvier 2026, 3 550 327 b/j calendaires de capacité de distillation, chaque ligne tirée de la Table 13 de l’EIA.
  • Onze de ces quatre-vingt-dix sites n’ont jamais cessé de tourner : six fonctionnent autrement qu’en raffinerie, cinq sont devenus des unités de diesel renouvelable. Ils pèsent 12 % des sites et 33 % de la capacité.
  • La capacité opérable est passée de 15 571 966 b/j en 1990 à 18 160 493 en 2026, répartie sur soixante-quinze raffineries de moins.
  • Le recul ne commence qu’au pic de janvier 2020 : 815 592 b/j perdus, soit 4,3 %, en six ans.
Graphique des 90 arrêts de raffineries américaines depuis 1990 face à la capacité de distillation opérable, passée de 15,57 à 18,16 millions de barils par jour.

Le raffinage américain se lit en France par sa marge, rarement par ses murs : le baromètre des marges de raffinage montre pourquoi un baril stable peut coexister avec des profits pétroliers records. La capacité installée derrière cette marge est un tout autre objet, et elle raconte une histoire que le commentaire courant prend à l’envers.

En octobre 2025, la raffinerie Phillips 66 de Los Angeles a chargé du brut pour la dernière fois. L’EIA l’inscrit au registre à 138 700 barils par jour, avec une note précisant que le site fonctionne toujours, mais autrement qu’en raffinerie. C’est la ligne la plus récente d’une liste qui s’ouvre en 1990, et elle résume assez bien l’ensemble : la capacité a disparu, l’usine non.

Additionnez chaque ligne : les États-Unis ont retiré 3,55 millions de barils par jour de capacité de distillation depuis 1990. Sur les mêmes trente-six ans, leur capacité opérable a gagné 2,59 millions de barils par jour. Les deux chiffres sortent de la même agence. Soixante-quinze raffineries de moins, et plus de capacité qu’en 1990.

Toutes les fermetures de raffineries américaines depuis 1990

Une ligne par site, la plus récente d’abord, datée du mois où le brut y a coulé pour la dernière fois. La capacité est la distillation atmosphérique en barils par jour calendaire, la mesure de l’EIA. La colonne de droite traduit les notes de l’agence : les lignes en rouge ne se sont pas contentées de s’arrêter.

#RaffinerieLieub/jDernière chargeSort
1Phillips 66 CompanyLos Angeles, CA138 700oct. 2025autre usage
2Houston Refining LPHouston, TX263 776févr. 2025autre usage
3Phillips 66 CompanyRodeo, CA58 200mars 2024diesel renouvelable
4Phillips 66 CompanyBelle Chasse, LA255 600août 2021autre usage
5Port Hamilton Refg & Transp LllpKingshill, VI PADD VI176 400mai 2021arrêt
6California Asphalt Production IncSanta Maria, CA9 500avr. 2021arrêt
7Shell Oil Products USConvent, LA211 146déc. 2020arrêt
8HollyFrontier Cheyenne Refining LLCCheyenne, WY48 000août 2020diesel renouvelable
9Dakota Prairie Refining LLCDickinson, ND19 000mai 2020diesel renouvelable
10Tesoro Refining & Marketing CoMartinez, CA161 000avr. 2020diesel renouvelable
11Western Refining Southwest IncGallup, NM27 000avr. 2020arrêt
12Philadelphia Energy SolutionsPhiladelphia, PA335 000août 2019arrêt
13Continental Refining Company LLCSomerset, KY5 500févr. 2018arrêt
14Shell Oil Products USSaint Rose, LA45 000janv. 2018arrêt
15Axeon Specialty Products LLCPaulsboro, NJ74 000avr. 2017arrêt
16Antelope Refining LLCDouglas, WY3 800févr. 2015arrêt
17Pelican Refining Company LLCLake Charles, LA0déc. 2014arrêt
18Flint Hills Resources LPNorth Pole, AK126 535mai 2014autre usage
19Trigeant LTDCorpus Christi, TX0déc. 2013arrêt
20Hess CorporationPort Reading, NJ0févr. 2013arrêt
21Paramount Petroleum CorporationParamount, CA84 500oct. 2012diesel renouvelable
22Axeon Specialty Products LLCSavannah, GA28 000sept. 2012arrêt
23Tenby IncOxnard, CA2 800déc. 2011arrêt
24Sunoco IncMarcus Hook, PA178 000déc. 2011arrêt
25Western Refining Yorktown IncYorktown, VA66 300sept. 2011arrêt
26Ventura Refining & Transmission LLCThomas, OK12 000oct. 2010arrêt
27Western Refining Southwest IncBloomfield, NM16 800déc. 2009arrêt
28Sunoco IncWestville, NJ145 000nov. 2009arrêt
29Alon Bakersfield Operating IncBakersfield, CA0déc. 2008arrêt
30Shell Chem Yabucoa IncYabucoa, PR PADD VI77 900oct. 2008arrêt
31Chevron USA IncPerth Amboy, NJ80 000mars 2008arrêt
32Paramount Petroleum CorporationPortland, OR0nov. 2006arrêt
33Gulf Atlantic Operations LLCMobile, AL16 700mars 2006arrêt
34Hunt Southland Refining CoLumberton, MS5 800mars 2005arrêt
35Dow Haltermann ProductsChannelview, TX880sept. 2004arrêt
36Young Refining Corp.Douglasville, GA5 400juil. 2004arrêt
37Premcor Refining GroupHartford, IL64 000sept. 2002arrêt
38Tricor Refining LLCBakersfield, CA0juil. 2001arrêt
39Chevron Phillips ChemGuayama, PR PADD VI0mars 2001arrêt
40Foreland Refining Corp.Tonopah, NV0févr. 2001arrêt
41Premcor Refining GroupBlue Island, IL80 515janv. 2001arrêt
42Caribbean Petroleum CorpSan Juan, PR PADD VI42 000déc. 2000arrêt
43Chevron USA Inc.Richmond Beach, WA0mai 2000arrêt
44Calumet Lubricants Co LPRouseville, PA12 800mars 2000arrêt
45TPI Petro Inc.Alma, MI51 000nov. 1999arrêt
46Berry Petroleum Co.Stephens, AR6 700juil. 1999arrêt
47Sound Refining IncTacoma, WA11 900oct. 1998arrêt
48Shell Oil CoOdessa, TX28 300oct. 1998arrêt
49Pride Refining Inc.Abilene, TX42 750mai 1998arrêt
50Petrolite CorpKilgore, TX600déc. 1997arrêt
51Gold Line Refining LTDJennings, LA12 000juil. 1997arrêt
52Total Petroleum, Inc.Arkansas City, KS56 000août 1996arrêt
53Arcadia Refining & MktgLisbon, LA7 350janv. 1996arrêt
54Indian RefiningLawrenceville, IL80 750sept. 1995arrêt
55Cyril Petrochemical CorpCyril, OK7 500sept. 1995arrêt
56Pacific Refining Co.Hercules, CA50 000juil. 1995arrêt
57Canal Refg Co.Chuch Point, LA9 500juil. 1995arrêt
58Barrett Refg CorpVicksburg, MS8 000juin 1995arrêt
59Powerine Oil Co.Santa Fe Springs, CA46 500juin 1995arrêt
60Laketon RefiningLaketon, IN11 100juin 1995arrêt
61Sunland Refining Corp.Bakersfield, CA12 000mars 1995arrêt
62Pennzoil Producing Co.Roosevelt, UT8 000sept. 1994arrêt
63Peerless Oil & ChemicalPonce, PR PADD VI8 800sept. 1994arrêt
64Chemoil Refining CorpLong Beach, CA18 000févr. 1994arrêt
65Amerada HessPurvis, MS30 000janv. 1994arrêt
66Intermountain Refining Co.Fredonia, AZ3 800janv. 1994arrêt
67Dubach GasDubach, LA8 500déc. 1993arrêt
68MarathonIndianapolis, IN50 000sept. 1993arrêt
69Sunbelt RefiningCoolidge, AZ10 000août 1993arrêt
70Cibro RefiningAlbany, NY41 850juil. 1993arrêt
71Coastal Refining & MktgAugusta, KS0juin 1993arrêt
72Coastal Refining & MktgWichita, KS28 800mai 1993arrêt
73Saint Mary’s Refining CoSaint Mary’s, WV4 000févr. 1993arrêt
74El Paso RefiningEl Paso, TX50 000oct. 1992arrêt
75Crystal RefiningCarson City, MI3 000oct. 1992arrêt
76Fletcher Oil & RefiningCarson, CA29 675sept. 1992arrêt
77Longview Refining AssocLongview, TX13 300août 1992arrêt
78Rattlesnake RefiningWickett, TX8 000févr. 1992arrêt
79Golden WestSanta Fe Springs, CA47 000févr. 1992arrêt
80Landmark RefiningFruita, CO10 000janv. 1992arrêt
81Thriftway CoBloomfield, NM4 000janv. 1992arrêt
82Arochem InternationalPonce, PR PADD VI75 600déc. 1991arrêt
83Farmland IndustriesPhilipsburg, KS26 400déc. 1991arrêt
84Amoco Oil Co.Casper, WY40 000déc. 1991arrêt
85Anchor Refining Co.McKittrick, CA10 000juin 1991arrêt
86Chevron USA IncKenai, AK22 000juin 1991arrêt
87Intercoastal Energy Svcs CorpTroy, IN1 250nov. 1990arrêt
88Vulcan RefiningCordova, AL9 500sept. 1990arrêt
89Eagle RefiningJackson, TX1 800janv. 1990arrêt
90Gibson Oil & RefiningBakersfield, CA9 600juil. 1987arrêt
91Sabine ResourcesStonewall, LA12 000non préciséejamais exploitée
92Imron Refining, Inc.San Leon, TX7 000non préciséejamais exploitée
93Primary Energy CorpRichmond, VA6 100non préciséeautre usage
94Eco Asphalt Inc.Long Beach, CA10 550non préciséejamais exploitée
95GNC Energy CorpGreensboro, NC3 000non préciséeautre usage
96Coastal Refining & MktgEl Dorado, KS0non préciséebitume jusqu’en 2004

96 entrées, janvier 1990 à janvier 2026 · 90 dans les 50 États (3 550 327 b/j), 6 à Porto Rico et dans les Îles Vierges (380 700 b/j), que l’EIA tient hors de son total américain · source : EIA, Refinery Capacity 2026, Table 13, relevée le 3 septembre 2026

Ce que le mot fermeture recouvre

Onze des quatre-vingt-dix entrées portent une note indiquant que le site tourne encore. Six fonctionnent autrement qu’en raffinerie, ce qui désigne en pratique un terminal ou une unité pétrochimique ; cinq ont été reconstruits en usines de diesel renouvelable. Ensemble, ils représentent 1 164 411 b/j, soit 33 % de tout ce qui a quitté le registre, sur 12 % des sites.

Cette asymétrie fait toute la différence. Les conversions sont rares et massives ; les arrêts secs sont fréquents et petits. Les soixante-quinze sites qui se sont simplement arrêtés font 31 418 b/j en moyenne. Les onze qui ont été reconvertis en font 105 856, un facteur 3,4. Compter des fermetures et compter des barils raconte donc deux histoires différentes de la même décennie, et c’est le compte des fermetures qui circule.

Trois entrées supplémentaires n’ont jamais traité de brut. Elles ont été enregistrées, comptées dans les statistiques de capacité, puis rayées sans avoir jamais tourné, pour 29 550 b/j à elles trois. Une quatrième, à El Dorado dans le Kansas, a continué de produire du bitume jusqu’en septembre 2004 sans plus aucune capacité de distillation à déclarer.

Soixante-quinze raffineries de moins, et davantage de capacité

Les États-Unis exploitaient 205 raffineries au 1er janvier 1990 et 130 au 1er janvier 2026. Ils raffinent du brut dans soixante-quinze endroits de moins et disposent de 2 588 527 b/j de capacité en plus, une hausse de 16,6 %.

L’arithmétique ne se boucle que d’une seule façon. Si 3 550 327 b/j ont quitté le registre et que le total national en a gagné 2 588 527, alors les sites restés en place, plus les rares qui ont ouvert, en ont ajouté 6 138 854 à eux tous. Soit 1,73 fois tout ce qui a fermé. Presque rien ne vient de raffineries neuves : les derniers sites américains construits de zéro à cette échelle datent des années 1970. Cela vient du débottleneckage, du remplacement d’unités, de la reptation annuelle qui transforme une usine de 150 000 barils en usine de 250 000 sans inauguration. La raffinerie opérable moyenne est passée de 75 961 b/j à 139 696, un facteur 1,84.

Le registre porte le même signal dans sa propre forme. Les arrêts se raréfient et grossissent. Des arrêts assez gros pour déplacer un équilibre régional : c’est le grain auquel se lisent les marchés physiques des matières premières, bassin par bassin.

PériodeSitesb/j arrêtésMoyenne
années 199044930 42521 146
années 200015427 89528 526
années 201015961 43564 096
années 2020, six ans écoulés101 191 922119 192

Datation par la dernière charge de brut, ou par la date d’arrêt quand la dernière charge précède l’ouverture du registre · le cas concerne une entrée, à Bakersfield, qui a chargé pour la dernière fois en 1987 et n’a été rayée qu’en 1990 · 6 entrées ne portent aucune date et restent hors de ce tableau

Les 44 arrêts des années 1990 ont retiré 930 425 b/j à eux tous. Les dix de cette décennie en ont déjà retiré 1 191 922 en six ans. Moins d’événements, plus de barils, et chacun assez gros pour déplacer un équilibre régional à lui seul.

🧭 Lecture eco3min

Le raffinage américain s’est vidé géographiquement sur trente-six ans sans rétrécir, parce que les survivants ont grossi plus vite que les fermetures ne retiraient.

Où la perte est réelle

Tout ce qui précède couvre 1990 à 2026. Resserrez la fenêtre et le signe s’inverse. La capacité opérable a culminé à 18 976 085 b/j au 1er janvier 2020 et s’établissait à 18 160 493 six ans plus tard, une baisse de 815 592 b/j, soit 4,3 %. Le registre place dix sites dans cette fenêtre, pour 1 191 922 b/j bruts. C’est la baisse sur six ans la plus forte depuis la fenêtre qui s’achève en 1994, et la reptation des sites survivants a cessé de couvrir les sorties. Rétractée à ce rythme, la capacité se lit ensuite semaine après semaine dans les stocks de produits que l’EIA publie le mercredi, la première ligne de l’agenda pétrole en heure de Paris, de l’OPEP+ à Baker Hughes.

Les pertes sont concentrées autant que récentes. La Californie représente à elle seule dix-sept des quatre-vingt-dix entrées et 688 025 b/j, 19 % du total national, dans un État qui fait venir le complément par-dessus une chaîne de montagnes ou par la mer. Eco3min détaille cette fenêtre récente site par site dans les fermetures depuis le pic de 2020, qui en compte onze pour environ 1,72 million de b/j bruts.

Cette page et celle-ci ne rendent pas le même sous-total sur les mêmes années, et la raison tient à la base retenue, non à une erreur de l’une des deux. Le présent registre n’admet un site qu’une fois l’EIA l’ayant enregistré comme définitivement arrêté, à la capacité en barils par jour calendaire de l’agence. La page de la fenêtre récente travaille sur des capacités constructeur et la presse spécialisée, dont un site annoncé mais pas encore enregistré comme arrêté par l’EIA, ce qui devance l’enregistrement officiel. Le cas le plus net est la raffinerie Valero de Benicia, en Californie : 145 000 b/j, encore comptée en exploitation dans le fichier EIA daté du 1er janvier 2026, alors que l’exploitant avait notifié la California Energy Commission le 16 avril 2025 de son intention de mettre à l’arrêt, restructurer ou cesser le raffinage sur ce site avant fin avril 2026. Elle a sa place dans le récit, pas encore dans le tableau. Elle entrera au registre dans l’édition de l’an prochain.

Erreur fréquente

L’erreur consiste à lire un nombre de raffineries fermées comme une mesure de capacité perdue. Elle trompe parce que les plus grosses sorties sont des conversions de très gros sites quand la sortie typique est une petite usine que personne ne nomme, et parce que les survivants n’ont pas cessé de grossir. Le compte décrit la carte ; seuls les barils décrivent l’offre.

Ce que ce registre ne prouve pas

La capacité n’est pas la production. Une raffinerie inscrite à 200 000 b/j peut tourner à quatre-vingts pour cent sur une année, et cet écart dépasse la plupart des fermetures du tableau. Ce que les usines ont réellement fait de leur capacité se lit dans la série hebdomadaire d’utilisation, dont les seuils sont expliqués par comment lire le taux d’utilisation.

La capacité n’est pas non plus l’offre de produits. Rien ici ne mesure l’essence ou le gazole disponibles pour un automobiliste américain, qui dépendent des importations, de la configuration de chaque site et du tracé des pipelines. Un baril de capacité au Texas ne dessert pas la Californie.

Le registre est également muet sur les causes. Il enregistre qu’un site s’est arrêté et, parfois, ce qu’il est devenu. Il ne dit pas si la marge a lâché, si la qualité du brut a changé, si le capital environnemental est tombé au mauvais moment, ou si le propriétaire préférait le foncier. Ces questions relèvent du crack 3-2-1, et de la façon dont une marge se répercute différemment sur les raffineurs purs et les majors intégrées.

Enfin, définitif est un statut, pas une prophétie. L’EIA compte séparément les raffineries à l’arrêt sans être rayées : onze en 1990, deux en 2026. Un site peut rester à l’arrêt des années avant d’atteindre la Table 13, ou redémarrer et ne jamais l’atteindre. Le registre saisit la fin de l’histoire, pas son milieu. Le milieu, lui, se lit dans le taux d’utilisation, celui que le crack 3-2-1 rapporté au taux d’utilisation des raffineries met en regard de la marge.

Les trous, nommés

L’EIA ne publie pas les chiffres annuels de capacité pour 1996 ni pour 1998. Les deux années restent vides dans le CSV et apparaissent comme des ruptures dans le graphique. Elles ne sont pas interpolées, ce qui reviendrait à masquer deux observations manquantes derrière une ligne droite.

Quatre autres limites méritent la page plutôt qu’une note de bas de tableau :

  • Les dates sont au mois, jamais au jour. Le registre ne peut pas départager deux arrêts du même mois, et il date un site par sa dernière charge de brut, qui peut précéder l’arrêt formel de plusieurs années.
  • Quinze des quatre-vingt-seize entrées ne portent aucune date d’arrêt formelle, soit parce que le site n’a jamais tourné, soit parce qu’il tourne encore sous une autre forme.
  • Une entrée, à Santa Maria en Californie, n’a pas de capacité aval dans la source. La cellule reste vide dans le CSV plutôt que mise à zéro.
  • La note de l’EIA sur un site converti dit qu’il fonctionne autrement qu’en raffinerie. Elle ne dit pas en quoi. Terminal, unité pétrochimique et stockage ne sont pas distingués dans la source, ils ne le sont donc pas ici.

Porto Rico et les Îles Vierges forment la dernière frontière. L’EIA en fait un sixième district et les tient hors de son total américain, cette page fait de même : six entrées et 380 700 b/j, signalés dans le tableau et présents dans le CSV, restent en dehors de tous les chiffres nationaux cités plus haut. Le plus gros d’entre eux, à Kingshill, dépassait tous les arrêts continentaux sauf cinq.

Questions

Combien de raffineries américaines ont fermé depuis 1990 ?

Quatre-vingt-dix dans les 50 États, selon le registre des raffineries définitivement arrêtées de l’EIA, qui couvre janvier 1990 à janvier 2026, plus six à Porto Rico et dans les Îles Vierges, que l’agence tient hors de son total américain. Elles représentent respectivement 3 550 327 et 380 700 barils par jour de capacité de distillation.

Les États-Unis ont-ils perdu de la capacité de raffinage depuis 1990 ?

Pas selon la série de capacité opérable de l’EIA : 15 571 966 b/j au 1er janvier 1990 contre 18 160 493 au 1er janvier 2026, une hausse de 16,6 % sur soixante-quinze raffineries de moins. Le recul se limite à la période ouverte par le pic de janvier 2020, en baisse de 4,3 %.

Quelle différence entre la fermeture et la conversion d’une raffinerie ?

Une fermeture met fin au traitement du brut sur le site. Une conversion met fin au traitement du brut et garde le site en activité pour autre chose, en général un terminal, une unité pétrochimique ou une usine de diesel renouvelable. L’EIA marque la différence par une note dans sa Table 13. Onze des quatre-vingt-dix entrées sont des conversions, et elles portent 33 % de la capacité concernée.

Quelle est la plus grosse raffinerie américaine arrêtée depuis 1990 ?

Philadelphia Energy Solutions, à Philadelphia, PA, avec 335 000 barils par jour de capacité de distillation atmosphérique. Le brut y a coulé pour la dernière fois en août 2019 et le site a été rayé du registre en mai 2020.

Sources : EIA, Refinery Capacity 2026, Table 13, et les séries annuelles de capacité et de comptage de l’EIA, relevées le 3 septembre 2026 · Valero, notification a la California Energy Commission, 16 avril 2025 · compilation Eco3min · Licence : CC BY 4.0

Mis à jour le 19 septembre 2026

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